“Lux Æterna” : Gaspard Noé en découd avec le sexisme au cinéma
Une chose qu’on ne peut enlever à Gaspar Noé : voilà quelqu’un qui annonce la couleur. Dans Lux Æterna, son moyen-métrage de 50 minutes présenté en séance de minuit, c’est le rouge, le vert et le bleu qui dominent — les trois couleurs de base d’une image, tels ses nucléotides. Et elles clignotent, vite, très vite, dans une sublime séquence finale suivie d’un non moins sublime générique, comme pour provoquer une crise d’épilepsie. C’est annoncé, d’emblée, par une citation de Dostoïevski sur le plaisir qui se manifeste une seconde avant la crise.
Bien sûr, tout le monde n’est pas épileptique, mais l’idée est là : c’est au cœur du mal (ou du moins sur son pourtour) que poussent les plus belles fleurs. Ou encore, maintenant que tout le monde sait à quoi ressemble un trou noir : c’est sur son orbite, son "horizon des événements", que gravite la plus éternelle des lumières ("Lux Æterna").