Jean-Claude Brisseau (1944-2019)
Avant de parvenir à être cinéaste, Jean-Claude Brisseau enseigne le français pendant vingt ans en Seine-Saint-Denis – faute d’argent, il ne peut passer l’Idhec (ancêtre de La Fémis). La figure du professeur est omniprésente dans son cinéma.
De bruit et de fureur (1988), Noce blanche (1989), Céline (1992), Choses secrètes (2002), La Fille de nulle part (2013), Que le diable nous emporte (2018) : la majorité de son cinéma est construite sur un rapport maître/élève exempt de domination.
Des histoires d’enfants sans amour, qui s’arrachent à leur passé et se retrouvent pris en charge par un ange gardien – "ange", "diable", peut-être les mots préférés du cinéaste. Plus qu’aucun autre, Brisseau fut celui qui aura voulu filmer l’énigme de la transmission, la pureté blessée et réparée, le mystère des êtres rendus à la vie par l’apprentissage.