L'énergie de Chabrières inspire les artistes et les visiteurs à Forêt Follies
Ne leur parlez surtout pas de forêts de douglas. « C’est un enfer », tranche Marc. Alors que Chabrières, c’est autre chose. « Il y a de la vie, c’est très sauvage avec de l’énergie. On a été conquis par ce lieu » Une énergie que Marc De Menech et Elisabeth Avard ont travaillé pour façonner leur espace à Forêt Follies. Le couple d’artistes se complaît dans le Land’art. Une discipline permettant d’utiliser les objets de la nature pour façonner des œuvres d’art.
Influences du JaponEt la forêt de Chabrières a bien influencé les deux artistes qui viennent depuis quelques années pour le festival Forêt Follies. « On arrive à se renouveler chaque année, on évolue dans notre art. Le jour où on n’arrivera pas à se réinventer, on ne viendra pas. »
Se balader dans les petites installations naturelles de Marc et Elisabeth, c’est redécouvrir la forêt. Leur inspiration : les jardins japonais. « J’aime les films de Miyazaki, mais aussi les bandes dessinées. »
Les deux créateurs espèrent juste que les visiteurs puissent s’approprier l’endroit. Qu’ils ne comprennent pas tout, ce n’est pas grave. « Certaines créations vont plus plaire à certains qu’à d’autres. »
Marc et Elisabeth se sont rencontrés dans un cours que Marc donnait sur la sculpture. Le professeur alors un peu tourné vers le côté professionnel de la chose, découvre le monde plein de fantaisie de son élève. « Elle a un regard plus profond. Elle m’a apporté une vision différente, plus naturelle », estime Marc. « On se complète vraiment bien, poursuit Elisabeth. On va dire que je suis plus dans le pictural quand Marc est plus tourné vers les choses massives. » Il n’a pas été maçon pour rien.
Les deux artistes se nourrissent rapidement l’un de l’autre. « On a monté notre atelier dans une forêt de Haute-Loire, explique Elisabeth. C’est là qu’on puise notre inspiration, on est dans notre élément. » Sans eau, sans électricité, ils laissent aller leur créativité.
Lien entre ville et natureMarginaux ? « On a surtout besoin de rester en marge artistiquement, analyse Marc. Si l’art n’est pas un espace de liberté alors qu’est-ce qui le sera ? » Surtout qu’Elisabeth est loin d’avoir toujours vécu au vert. « Je suis une citadine pure sucre. Je pense qu’il y a des bonnes choses en ville, il faudrait réussir à combiner les deux », espère celle qui était assistante sociale dans une autre vie.
Aujourd’hui, si le retour à la nature est encouragé par la société, Marc et Elisabeth n’ont pas changé leur manière d’anticiper leur art. « On ne prévoit rien à l’avance, on est libres. Mais c’est vrai que notre art évolue, on souhaite attirer le regard sur certaines choses. Notre motivation, c’est d’enjoliver la nature. » Marc abonde. « On n’est pas vraiment attachés à l’actualité. On fait les choses par rapport à notre ressenti, à notre manière de vivre. Là, c’est clair que par rapport à la sécheresse, on a fait des choses. » Dans la fraîcheur de la forêt, le bruit de la petite fontaine installée entre des pierres ferait presque oublier que l’eau manque en Creuse…
Romain Conversin