Il avait frappé sa petite amie, puis son ex-compagne, à Clermont-Ferrand : quarante mois de prison ferme
Nuit du 29 au 30 avril 2020, à Clermont-Ferrand. Il est environ minuit lorsque deux jeunes femmes sont tour à tour victimes de la violence sans limites d’Alexandre R., 30 ans. Au retour d’une soirée très alcoolisée, il frappe d’abord, dans leur appartement, sa petite amie, avec laquelle il vient d’avoir une fille.
Après plusieurs dizaines de minutes d’un déchaînement de coups, elle se relèvera, outre une multitude d’hématomes sur l’ensemble du corps, avec une entorse à une cheville et une fracture à un pied, qui lui vaudront 21 jours d’ITT.
Il reconnaît avoir "pété les plombs"...Quelques minutes plus tard, il s’en prend cette fois, au bas de son immeuble, à son ex-compagne qui, face à l’alcoolisation du trentenaire, est venue récupérer en urgence leur fille, âgée de 9 ans, dont il avait la garde ce jour-là. Elle aussi reçoit une volée de coups avant de parvenir à s’enfuir au volant de sa voiture.
Interpellé le lendemain, non sans difficultés, l’auteur des violences_déjà condamné à quatorze reprises pour différents types de délits_aurait dû être jugé le 4 mai en comparution immédiate, mais il avait demandé un délai afin de préparer sa défense et avait été maintenu en détention.
De retour, ce vendredi, dans le box des prévenus, il a reconnu avoir « pété les plombs », tout en indiquant qu’« il y a quand même des choses exagérées dans les témoignages » des deux femmes, défendues par Mes Sandrine Legay et Deborah Guillaneuf.
Un contexte social et familial plus que chaotiqueSurvenues dans un contexte social et familial particulièrement chaotique, « ces violences se sont déroulées en présence des deux filles du prévenu », a rappelé le procureur de la République, Amélie Louis. Evoquant des faits « qui exigent une réponse pénale ferme », elle a requis une peine de quatre ans de prison, dont deux assortis d’un sursis probatoire d’une durée de trois ans.
Face à ces lourdes réquisitions, Me Mohamed Khanifar, a plaidé, en défense, « pour une peine juste, qui permette de préserver une forme d’avenir pour cet homme et pourrait lui éviter d’être privé de voir ses enfants ». Une requête qui n’a pas eu d’écho, puisque le tribunal a prononcé le retrait total de l’autorité parentale d’Alexandre Resende sur ses deux filles.
Christian Lefèvre
(*) Quatre ans, dont un assorti d”un sursis probatoire d’une durée de trois ans. Le tribunal a par ailleurs révoqué une peine de sursis avec mise à l’épreuve de quatre mois, prononcée en juin 2019. Il devra en outre verser 3.500 euros de dommages et intérêts à son ex-compagne, en réparation des différents préjudices subis. Quant à la mère de son autre fille, qui doit faire l'objet d'une expertise médicale après sa fracture du pied, le montant des dommages et intérêts qui lui seront alloués sera fixé lors d'une audience spécifique, dans les prochains mois. Alexandre R., qui a également interdiction de contacter les victimes et de paraître chez elles, a été maintenu en détention.
Victimes de violences conjugales. Le 3919 est un numéro gratuit et anonyme. Il est accessible sept jours sur sept, de 9 heures à 22 heures, du lundi au vendredi et de 9 heures à 18 heures, les samedis, dimanches et jours fériés.