Attentat contre Charlie Hebdo : un non-lieu prononcé après la plainte de la veuve de Michel Renaud
Le 7 janvier 2015 est resté gravé dans les mémoires. Ce jour-là, une attaque terroriste a été perpétrée dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo.Parmi les personnes exécutées, des journalistes de la rédaction, mais également des visiteurs, invités par l’hebdomadaire. Le fondateur du Rendez-vous des carnets de voyage de Clermont-Ferrand, Michel Renaud, était présent et il est lui aussi tombé sous les balles des assaillants.
Une première plainte déposée en 2016Plusieurs mois après le décès de son mari, Gala Renaud avait décidé de poursuivre en justice la nouvelle direction du journal qui, selon la plaignante, s’était engagée à reverser aux familles les recettes du premier numéro de Charlie paru après l’attentat. Avec ses avocats, Mes Gilles-Jean et Jean-Hubert Portejoie, elle conteste l’affectation des millions d’euros amassés par le journal satirique et a déposé une plainte auprès du doyen des juges d’instruction de Paris fin mars 2017, après avoir déposé une première plainte en juin 2016 finalement classée sans suite.
Gala Renaud s’est alors constituée partie civile et une information judiciaire avait été ouverte pour abus de confiance contre le journal parisien. D’après les chiffres avancés dans la plainte, les ventes historiques de la Une « Tout est pardonné » avaient rapporté 12 millions d’euros, contre 4,3 millions provenant des dons.La juge en charge du dossier vient de boucler son instruction et a décidé de rendre un non-lieu dans cette affaire. Une grande désillusion pour la défense :
« Juridiquement, c’est très contestable. Notre impression, c’est que le magistrat a motivé encore sous le coup de l’émotion mais pas en droit. À l’époque, nous étions tous Charlie Hebdo, mais visiblement pas la justice. »
De son côté, Gala Renaud ne cache pas sa détermination : « Je ne fais pas ce combat pour l’argent. Ce qui compte, c’est que je suis persuadée que la vérité doit encore faire son chemin. Le combat est loin d’être abandonné. Il faut que ma voix soit entendue. »Maîtres Portejoie ont fait savoir qu’ils comptaient faire appel de ce non-lieu.
Julien Moreau