Avec le déconfinement, le consommer local a-t-il toujours la cote à Issoire ?
Ils avaient été surpris par les nombreuses sollicitations, dès la fin du mois de mars.
L'effet confinement toujours là mais...Lorsque les sachets de farine manquaient dans les rayons des grandes surfaces. La minoterie Valty, à Sauxillanges, s’était alors mise à en fabriquer, pour les particuliers qui venaient sur place chercher leur commande, mais aussi pour quelques magasins de proximité.
Les consommateurs ont repris leurs habitudes« L’effet est resté, mais pas comme on a pu le connaître pendant le confinement, observe Hélène Valty. Les gens ont repris leurs habitudes et cuisinent peut-être moins aussi. Mais des clients qu’on ne connaissait pas avant reviennent. Pour nous, c’est un petit plus ! Les consommateurs ont redécouvert les meuniers. »
Les plateformes de mise en relation ont gagné des clientsEt plus généralement, ils ont redécouvert ceux qui les nourrissent, à deux pas de chez eux. Un contexte particulier très favorable aux structures mettant en relation consommateurs et producteurs, comme le Locavor d’Issoire. Le 13 mars dernier, quelques jours seulement avant l’annonce du confinement, la gérante Karine Silvestrini distribuait ses premiers paniers, dans la zone des Listes. Elle raconte :
Ce lancement n’avait rien à voir avec le Covid-19, mais c’est vrai que c’est plutôt bien tombé ! Cette période a permis à des gens qui ne seraient peut-être jamais venus de s’intéresser aux producteurs locaux.
Une cinquantaine de commandes sont retirées pour « l’inauguration ». Un chiffre qui a grimpé autour de 200 pendant toute la durée du confinement, mais qui connaît une légère baissse depuis. Le Locavor compte aujourd’hui 1.740 membres, qui peuvent s’approvisionner auprès de 44 producteurs.
Une demande en légère baisse : presque une bonne nouvelleL’un de ses producteurs, Vincent Martinant, installé en agriculture biologique à Brenat, confirme :
Sur certains produits comme les oeufs, c’était compliqué de répondre à une telle demande.
Le président de l’association les Fermes d’APPI, qui cherche à créer un magasin de producteurs à Issoire, analyse : « Je dirais que 20 % des clients nous sont restés fidèles. On aurait aimé que ce soit plus, mais on peut aussi le comprendre. Pendant le confinement, le budget pour les courses n’était pas le même et les gens avaient plus le temps de venir nous voir. »
Des graines seméesOly Bouteiller retient le bon côté de cette période hors-normes : « On s’attendait à cette baisse mais je crois que ce n’est pas vraiment problématique. C’est déjà positif que les gens aient fait cet effort. Ils ont goûté de nouveaux produits et gardé certaines habitudes. Pour moi, ce sont des graines qui ont été plantées ! »
Marielle Bastide