Violences policières : dans le sillage des Etats-Unis, la vague d'indignation gagne la France
Surveillées de près par les autorités, les actions à Paris, Bordeaux , Lyon, Lille ou encore Rennes, visaient à rendre hommage à George Floyd, cet Afro-américain mort aux mains de la police le 25 mai, mais aussi à dénoncer le "racisme" et "l'impunité" qui régneraient au sein des forces de l'ordre en France.
Dans la capitale, quelques milliers de personnes ont bravé une interdiction préfectorale pour se rassembler place de la Concorde près de l'ambassade américaine et réclamer "justice pour tous" en brandissant des panneaux "Black Lives Matter", cri de ralliement du mouvement aux Etats-Unis.
A Bordeaux, au moins 2.500 personnes ont défilé dans le calme derrière des banderoles dénonçant une "police raciste" et "l'impunité policière", avant d'observer, agenouillés et pour certains le poing levé, une longue minute de silence.
"Nous n'avons pas pu participer aux manifestations aux Etats-Unis, alors on le fait ici. Je ne veux pas que ma fille grandisse dans une société où les vies humaines n'ont pas toutes la même valeur."
A Lyon, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre-ville. "La France se noie dans son racisme. Nous dénonçons les violences policières et le déni de silence des institutions", a assuré Arkya Sedime, membre du collectif des Afro-descendants.
A Rennes où de 700 à plus d'un millier de personnes ont manifesté, les participants ont fait corps autour d'Awa Gueye, la soeur de Babacar Gueye, tué par balles lors d'une intervention de police à Rennes en 2015 à l'âge de 27 ans.
Des rassemblements plus modestes se sont tenus à Metz, Nancy ou Béziers (Hérault) et des actions avaient déjà eu lieu la veille à Strasbourg et Clermont-Ferrand.
En première ligne, le ministère de l'Intérieur Christophe Castaner a promis d'être "intransigeant" face à tout signe tangible de racisme ou de violences injustifiées chez les forces de l'ordre. Vendredi, il a saisi la justice après la révélation par le site d'information Streetpress de l'existence d'un groupe privé sur Facebook réservé aux forces de l'ordre et où sont échangés des messages racistes et haineux. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.