Louis Tauty et l’école buissonnière
Dans l'hôtel Tauty de Faux-la-Montagne vécurent deux enfants. Henriette (lire notre édition de dimanche dernier) avait un petit frère, Louis Tauty. Né en 1897, celui-ci fut scolarisé à l'école de Faux-la-Montagne, dirigée à l'époque par M. Mellot.
Les municipalités, si fières de leurs écoles communales, faisaient imprimer des cahiers au nom des villes et des villages, avec au dos, les tables de multiplications, un tableau de division du temps : siècle, année, jour, heure, minute, seconde et les chiffres romains, indispensables pour lire les dates sur les monuments de l'époque.
Sur les deux cahiers de composition française (sans doute du cours moyen) retrouvés dans le grenier de l'hôtel Tauty, Louis écrivit à l'encre violette des rédactions aux sujets imposés, moraux ou bucoliques, mais emprunts de fraîcheur.
Une composition sur l'école buissonnièreVoici le sujet de la composition numéro 13 : « Que répondez-vous à un camarade qui vous proposerait de faire l'école buissonnière ? »
Et voici la composition rédigée par Louis : « Lundi dernier, j'allais en classe avec mon camarade Pierre. Tout à coup, il me dit : "Si nous faisions l'école buissonnière ?" : c'est une idée. "Vois dans ce joli bois là-bas il doit y avoir des nids car j'entends d'ici chanter les oiseaux. Si tu veux, nous y passerons une agréable journée." Je lui répondis : "Penses-tu à ce que tu me dis là ? Tu sais bien que nos parents veulent que nous allions à l'école. Faire l'école buissonnière c'est leur désobéir. Notre maître se donne beaucoup de peine pour nous instruire. Manquer l'école c'est ne pas reconnaître le mal qu'il se donne.
Si nous manquons l'école, nous négligeons notre instruction et nous contracterons une mauvaise habitude. Tu sais que lorsqu'on a fait un premier pas dans le mauvais chemin, qu'on va loin, on contracte l'habitude de la paresse. Nous devons travailler à l'école, non seulement pour contenter nos parents et notre maître, mais encore dans notre intérêt. Allons, en route pour l'école et ne nous amusons pas en chemin." Mon camarade m'a compris et il s'est empressé de me suivre ».