Dynamité et brûlé par les Allemands le 26 juillet 1944, le château de Banson (Puy-de-Dôme) n'existe plus
Debout devant l’emplacement de l’ancienne bâtisse, il est aujourd’hui difficile de s’imaginer le magnifique château de Banson qui trônait fièrement au cœur du village jusqu’aux derniers mois de la Seconde Guerre mondiale. Désormais, ne restent plus que la maison des gardiens et la grange à moitié en ruines ainsi que l’ancienne salle de billard, semble-t-il reconvertie en habitation. Le reste de la parcelle est occupé par deux maisons construites ces dernières années.
Une dénonciation anonymePour en savoir plus sur l’histoire du château de Banson, Michel Mialier est l’homme qu’il faut. Passionné d’histoire, il s’est penché sur les événements qui ont mené à sa destruction. "Il semblerait que les Allemands se soient intéressés au château de Banson suite à une dénonciation anonyme, raconte Michel Mialier. Pour eux, il servait à la Résistance et ils pensaient même y trouver une cache d’armes."
Venu de Châtel-Guyon, un détachement de la 7e compagnie du 192e régiment de sécurité investit le village de Banson, situé sur la commune de Combronde, le 26 juillet 1944 dans la matinée. "Le convoi allemand est arrivé accompagné de plusieurs civils de la Gestapo, poursuit le passionné d’Histoire. Ils se sont dirigés directement vers le château et ont malmené la femme du gardien pour savoir s’il y avait des maquisards à l’intérieur."Les restes de la maison des gardiens et de la grange
Un saccage en deux tempsAprès avoir saccagé le château et pillé les lieux, la troupe allemande s’en va aux alentours de midi. "Après leur départ la femme du gardien et d’autres femmes du village ont pu constater qu’ils avaient brisé des portraits, des glaces et de la vaisselle à coups de revolvers, explique Michel Mialier. Par ailleurs, diverses pièces d’argenterie avaient été entassées dans la salle à manger ce qui laissait présager qu’ils reviendraient plus tard pour tour emporter."
C’est en début d’après-midi que les Allemands reviennent effectivement sur place. "Ils ont fait évacuer les abords du château en disant qu’ils allaient le faire sauter, dévoile le féru d’Histoire. Mais avant de passer à l’acte, ils ont embarqué un cochon, des poules et des lapins trouvés dans les dépendances. Ainsi que deux vaches et un taureau."L'ancienne salle de billard transformée en habitation
Ni armes, ni maquisardsAprès être retourné dans le château pour emporter du linge et l’argenterie, le détachement allemand place des charges explosives dans le bâtiment. "C’est dans la soirée qu’ils l’ont fait sauter, déroule Michel Mialier. Et comme si cela ne suffisait pas, ils l’ont fait brûler avec l’ensemble du mobilier qui était à l’intérieur."
Peu importe au final de n‘avoir trouvé sur place ni maquisards, ni armes. Et même les quelques tracteurs de l’armée française découverts n’ont pas suscité l’intérêt de la troupe allemande. Inhabité depuis novembre 1941 à la mort du baron Léon Joseph Aymar Desaix, le château de Banson appartenait à la famille Desaix depuis trois générations. Sans descendance, c’est Marie-Louise de Quatrebarbes, la fille d’une cousine germaine, qui héritait alors des lieux.
Malgré des dédommagements financiers octroyés en réparation des exactions commises par l’armée allemande, le château de Banson, trop endommagé, n’a ensuite jamais été rénové restant longtemps une simple ruine.
Nourredine Regaieg