Des balades canines avec une éducatrice dans l'agglomération de Moulins
Dimanche 7 février, c’était la toute première sortie de « Truff’me ». Pauline Hennebert et quelques autres personnes se sont retrouvées au parc de la Rigolée à Avermes pour une promenade canine, qui aère aussi bien les chiens que leurs maîtres.L’objectif : « permettre à nos compagnons de se socialiser, jouer, se dépenser, le tout sous la surveillance bénévole d’une éducatrice canine et comportementaliste », précise la jeune femme, créatrice du groupe Facebook « Truff’me ».
Chiens réactifs« J’organise l’événement, avec mon compagnon, et vient qui veut. Je laisse les chiens marcher en laisse et je regarde s’ils sont sympas les uns avec les autres. Une dame a participé à la promenade avec son bouledogue, qui a très envie de jouer mais ne sait pas s’arrêter. Du coup, elle était venue avec une laisse très courte. Je lui ai prêté une longe de 15 mètres et on a pu travailler là-dessus. D’autant plus que c’est ce que je travaille aussi en ce moment avec ma chienne de trois mois. Un border collie était très réactif aux vélos et aux joggeurs, il veut toujours leur courir après. On a réussi à détourner son attention ».Au parc de la Rigolée, il y a un ruisseau. Les chiens adorent ! Photo François-Xavier Gutton
Une promenade, donc, ni un cours de comportement canin, ni une thérapie lourde pour maîtres et chiens. Une manière de dédramatiser, dans un parc « avec de grands espaces, de l’eau, où il n’y a pas grand monde par temps pluvieux. On fait le tour en une heure. On peut anticiper s’il y a des gens qui arrivent en face. On a même pu les lâcher et ils ont tous pu jouer ensemble. C’est une balade dans un endroit où tous les chiens sont bien, tout simplement ! S’il y a bagarre, si ça réagit mal, on intervient, on explique ».
« On ne parle pas la même langue ! »Le plus souvent, les problèmes sont dus au fait que les maîtres « n’arrivent pas toujours à décrypter les besoins de l’animal et n’ont pas forcément les bonnes réactions. On ne parle pas la même langue ». Des soucis qui peuvent mener jusqu’à « l’abandon » : « des chiens qui détruisent, qui ont déjà mordu, qui ne supportent pas de rester tous seuls, qui ne sont pas propres, qui aboient toute la journée… Ce sont des choses qui peuvent être réglées. Je précise bien que le “chien parfait” n’existe pas. Ils ont tous leur caractère ! »
Apprendre le "rappel" petit à petitLa question la plus fréquente : « “Quand on l’appelle, il n’obéit pas”. Du coup, les gens ont moins envie de promener le chien. La laisse est de plus en plus courte, et même, il n’y a plus de sortie du tout. Le chien va faire de plus en plus de bêtises, car il ne s’est pas dépensé. Le problème vient souvent du fait que l’animal a mal appris le rappel dans des situations trop compliquées d’emblée. Il faut commencer petit, dans son salon et augmenter la difficulté petit à petit, voire revenir à une étape antérieure, si ce n’est pas acquis. On a coutume de citer les 3 D dans le jargon : distance, durée, distraction. Plus la distance est longue, plus la durée est longue, plus la distraction est grande, moins le chien va avoir envie de revenir ».Photo François-Xavier Gutton
La jeune Belge n’en est pas à son coup d’essai, car elle avait déjà créé un groupe similaire en Belgique, « qui vit aujourd’hui sans moi ».
La jeune femme, 27 ans aujourd’hui, ne savait pas quoi faire comme études. Vétérinaire ne l’intéressait pas. Soigneuse animalière, pourquoi pas. Là voilà finalement partie pour une formation d’éducatrice canine, puis d’éthologie. La jeune femme fait des stages, en Afrique du Sud, en clinique, dans des fermes…
Sans violence, mais à la récompensePauline Hennebert a la bougeotte. Ça tombe bien, ses compétences et son nomadisme sont compatibles. À côté des balades, gratuites, elle est en train de créer son entreprise. Elle accompagne et donne des conseils : « On voit très vite le résultat. Je peux montrer l’exemple rapidement. Je travaille sans collier électrique, sans violence. Seulement à la récompense et au jouet. Le chien comprend vite, “tiens quand je fais ça c’est chouette”. Après, sur ces bases, le travail de fond du maître et son chien peut durer trois semaines. Ensuite, nul besoin de présentiel pour le bilan ! ».
Sur le web
Groupe Facebook “Truff’me - balades canines sur Moulins”. Les lieux des balades peuvent changer : parc de la Rigolée, Isléa, forêt de Moladier…
Mathilde Duchatelle
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