Trois bergères de Pérols-sur-Vézère se sont regroupées en un collectif pour mener un projet associatif autour de la laine
Les bergères s'emmêlent pour la laine
Les bergères s'emmêlent réunissent trois éleveuses-bergères du Plateau de Millevaches, (Marina, Sarah et Lise), qui ont trois fermes différentes et qui ont décidé de se regrouper en un collectif, afin de réunir leur laine et de l'utiliser pour réaliser des produits fabriqués dans le Massif Central.
Marina Estrade. Native du plateau de Millevaches, elle a repris une partie de l'exploitation familiale pour pouvoir s'installer en tant qu'éleveuse de brebis limousines. Son cheptel compte aujourd'hui 200 mères. Elle fait aussi partie d'un groupement pastoral avec organise une estive de 4 mois sur une tourbière du plateau de Millevaches. Installée depuis un an, elle fourmille de projets pour faire vivre la montagne, qui vit en elle depuis 23 ans maintenant.
Sarah Chaussas. Cette éleveuse associée avec Denis possède une ferme en polyculture et élevage. Elle produit des céréales et des agneaux en agriculture biologique. Chaque année, grâce au groupement pastoral de Peyrelevade, leurs brebis estivent sur la commune de Peyrelevade, les parcelles du conservatoire des espaces naturels du Limousin afin de préserver les tourbières, et les landes.
Lise Roland. Elle est installée à Tarnac depuis quatre ans sur une ferme, à 900 mètres d'altitude, avec Fabrice. Tous deux gardent leurs brebis 6 mois de l'année sur les espaces naturels du plateau de Millevaches (landes et tourbières du Longeyroux). Leur système d'élevage est pastoral. Ils élèvent leurs agneaux d'herbe de qualité, qu'ils vendent en vente directe.
Projet écologiqueToutes les trois partagent des valeurs communes et ont voulu se regrouper en un collectif pour construire ce projet associatif sur Pérols-sur-Vézère.
Le constat de la filière de la laine française était « totalement déprimant », selon elles : l'achat de la laine par des grossistes à des prix dérisoires (0,10 €\kg de laine) « ce qui ne paie même pas le tondeur » ; peu d'entreprises locales de transformation ; et une exportation massive en Chine.
Environnement et écologieCette constatation a constitué un déclic pour les trois femmes. Elles ont décidé de valoriser la laine, de race limousine, en se formant à Lainamac, à Felletin, pour le tri et la transformation en laine par des gestes techniques.
Une valeur environnementale et écologique accompagne également le projet. En effet, leur objectif est de tout transformer localement et de présenter des produits sains et éco-responsables pour mettre en avant leur mode d'élevage pastoral (*).
Les produits tirés de ces laines sont des chapeaux, des bijoux et accessoires, du textile fait main en laine feutrée, vendus essentiellement en vente directe et sur les marchés.
(*) Les brebis sont gardées cinq mois de l'année par des bergers et entretiennent les landes et les zone humides en site Natura 2000 du Parc naturel régional de Millevaches.