A Aubusson (Creuse), un premier bilan des soldes plutôt positif
Il y a eu un premier confinement puis un deuxième. Entre-temps, un bel été qui a ramené un monde fou dans les rues d’Aubusson et chez des commerçants qui appréciaient déjà cette clientèle, de touristes comme de locaux, qui jouait le jeu de la solidarité.Il y a aujourd’hui un couvre-feu à 18 heures qui, forcément, vide les rues à l’heure où, habituellement, on y lèche les vitrines à l’heure des soldes. Préjudiciable aux affaires ?
« C’est vrai qu’à partir de 17 heures, on ne voit plus personne et que ces soldes d’hiver sont un peu moins bien que d’habitude, rapporte Catherine Legrand, au magasin Pile Poil. Mais on a très bien travaillé en décembre et je ne me plains pas. Les aides nous ont soulagés. » Au fil du temps, Natacha ne va pas se plaindre non plus. Bien au contraire. « Les soldes ? Très très bien.
J’ai du monde depuis le premier jour, les gens sont très solidaires. Ils ont pris conscience qu’il fallait arrêter d’acheter sur Internet. À Noël, on a énormément travaillé et les soldes, c’est du délire comme on bosse !
Ça fait vingt ans que je suis commerçante à Aubusson, mes clients me connaissent, je les conseille et ils me font confiance. Ce qui est difficile en ce moment, c’est qu’il faut veiller au nombre de personnes dans le magasin, aux masques, au gel. Il faut parfois jouer les gendarmes. Et il faut aller vite : le stress de 18 heures, c’est juste horrible. Alors, on ouvre plus tôt le matin. »Des soldes prolongés appréciés aussi par Pascal Saint-Cricq. « Ça permet aux commerçants d’écouler leurs stocks. C’est difficile, avec le Covid, les gens sont plus hésitants : “Est-ce qu’on peut voir ? Est-ce qu’on peut essayer ?”. Ça a tout changé. Mais bon, on a eu du monde, les soldes ne sont pas mauvais même si le couvre-feu à 18 heures nous pénalise par rapport aux gens qui travaillent et qui ne peuvent pas venir : on va écouler notre stock et c’est déjà pas si mal. »Pas si mal, à l’image d’une année particulière : Aubusson, finalement, tire son épingle du jeu.
« L’an dernier, ça s’est bien passé malgré toutes les difficultés, poursuit ce commerçant en articles de sport, pêche et loisirs. On a senti les gens très solidaires. À la fin de l’été, avant de repartir, ils sont venus faire leurs achats ici et ça, c’est très touchant. »
« Cette année, malgré tout, ne s’est pas trop mal passée vu les événements, confirme Mireille Lejus.
Ce qui nous impacte le plus, c’est le couvre-feu et surtout le fait que les restaurants et les bars soient fermés. Mais les clients ont tout le temps été au rendez-vous à chaque fois qu’on a rouvert.
C’est vrai que 2020 sera une année avec moins de chiffre mais avec les aides qu’on a eues et si on a bien géré notre stock, on s’en sort plutôt bien. »Au Chat noir, Gaëtan Dessemond tempère un peu cet enthousiasme. Il faut dire que ce commerçant a repris cette boutique de chaussures dans la Grande-rue… quinze jours avant le premier confinement. « Ces trois mois de confinement vont nous manquer. Là, on ne se paye pas. En mai, quand on avait rouvert, les gens avaient envie de sortir, ça avait bien marché. L’été dernier, j’étais optimiste mais là, globalement, c’est dur. On n’a pas de stocks et janvier a été catastrophique. Le démarrage des soldes a été assez timide. »Quinze jours supplémentaires de soldes ne seront sans doute pas de trop pour ce commerçant. D’autant que l’association des commerçants et artisans organise un grand déstockage d’ici deux semaines : « D’habitude, on le faisait un dimanche au hall polyvalent mais avec le Covid, ce n’est pas possible, précise Mireille Lejus. Alors on va faire une animation spéciale pendant trois jours, les 5, 6 et 9 mars, dans nos magasins ».
Séverine Perrier