Lancés en pleine pandémie, des restaurants de Brioude (Haute-Loire) commencent à trouver le temps long
L’Arôme, Le Lard dans l’assiette et Cuisine et Saveur du monde ont un autre point commun que celui d’être tous trois des restaurants de Brioude : ils ont tous ouvert dans le courant de l’année 2020, en pleine pandémie.
Sans nouvelle d’une possible réouverture, ils tentent de « limiter la casse » avec la vente à emporter. Se trouvant dans des situations différentes, tous s’impatientent de pouvoir dresser de nouveau leurs tables pour les clients.
Dans le flou d'une possible réouvertureQuatre semaines seulement après son ouverture, le 1er octobre 2020, le restaurant de Damien Challet et Morgane Clémensat, le Lard dans l’assiette, rue du Quatre-Septembre, a dû rapidement se réinventer. Avec le second confinement, les restaurateurs ont mis en place un service de drive à midi, du lundi au samedi, qui « permet à l’entreprise de tenir bon, avec une vingtaine de clients en moyenne par jour ». Conscients de l’incertitude liée à la crise sanitaire, les gérants commencent néanmoins à perdre espoir. Sans soutien financier de l’État, à part le chômage partiel pour leurs deux employés, les restaurateurs n’ont pas eu d’autres choix que de prendre le train de la vente à emporter.
On n’a pas le droit à l’aide du fonds de solidarité car l’ouverture est trop récente. Et les financements de la Région, qui payent une partie du matériel de vente comme les boîtes en plastique, ne sont pas encore arrivés.
« On ne pensait pas que la fermeture allait durer aussi longtemps. Psychologiquement, ça devient dur. Surtout que l’on a aucune information sur la date d’une réouverture », regrettent-ils.
Des aides insuffisantes malgré la vente à emporterPour Cuisine et Saveur du monde, installée en juillet 2020 dans la rue Savaron, la vente à emporter ne représente qu’une goutte d’eau et sert principalement « à maintenir une activité » pour les employés. L’enseigne, qui dispose de deux restaurants en Auvergne, peine à se passer de la restauration sur place et, surtout, de son activité traiteur. « Notre principal travail reste l’événementiel qui est à l’arrêt depuis un an. Et les aides de l’État ne recouvrent pas tous les investissements et charges de nos différentes structures », explique Johann Lisotti, le gérant. Alors, comme tous ses confrères, l’entrepreneur « attend que cela reparte vraiment ».
« Garder le goût du travail »À une centaine de mètres, place du Mazel, Bouchra Blanchon, gérante de l’Arôme, a elle aussi ouvert en juillet. Déclaré au mois de mars, durant le premier confinement, son établissement peut compter sur les aides de l’État depuis le confinement de novembre.
Heureusement qu’il y a ces aides. J’ai également la chance de travailler en famille, avec mon fils. Mais il ne faut pas croire que l’on gagne des mille et des cents.
Selon elle, la vente de plats à emporter, les midis, du vendredi au dimanche, permet de « garder le goût du travail ». Le plus pénalisant pour la cuisinière reste la mise en place d’un couvre-feu à 18 heures. Car « nous fonctionnions aussi le soir. Malheureusement, les clients ne peuvent plus venir après cet horaire », regrette-t-elle.
La restauratrice s’impatiente tout autant de rouvrir les portes de son nouvel établissement. « J’espère que l’on pourra accueillir nos clients au plus tard en mai, sinon cela risque d’être très compliqué. »
À Brioude (Haute-Loire), les soldes et le couvre-feu à 18 heures obligent les commerçants à revoir leur organisation
Mathias Souteyrat