Le jeûne alimentaire est-il une bonne idée ? Réponses de nutritionnistes du Puy-de-Dôme
Dans les cabinets de diététiciens ou de nutritionnistes, les demandes affluent en ce mois de janvier. Comment faire un jeûne?? Après les agapes de fin d’année, une tentative de rééquilibrage. D’un extrême à l’autre. Une pratique en vogue, mais assez mal perçue par les professionnels.
Détox en janvier, perte de poids le reste de l'annéeÀ Riom, Sylvie Faure résume laconiquement son point de vue. « C’est un phénomène de mode, mais ce n’est pas ça manger. » Presque une lapalissade quand il s’agit de se priver de nourriture.
La clientèle de ce mois de janvier est particulière. « C’est une demande saisonnière : le jeûne détox. Janvier est propice à ça. Hors cette période, c’est pour une perte de poids », explique Stéphanie Bonhomme à Clermont. Alors, commençons par cette détox lancée comme une bonne résolution. « On peut envisager une détox de deux ou trois jours, mais en cas de crise de foie par exemple », continue la professionnelle.
« Le jeûne n’est pas une détox, parce qu’il faut changer son alimentation pour cela. »
Une perte musculaire, mais pas de graisseQuant au jeûne de plusieurs jours, accompagné d’un simple bouillon quotidien, « ça peut mettre en danger le corps, il y a une fonte musculaire – et non pas de la graisse, on perd le muscle en premier –, et des risques d’hypoglycémie ». Et Stéphanie Bonhomme, qui intervient auprès de Ligue contre le cancer, en profite pour préciser que « le mythe du jeûne pour lutter contre cette maladie est faux. Au contraire, c’est très dangereux ». Sylvie Faure prévient : « Quand on jeûne, on se sent euphorique avec les hormones, mais c’est trompeur ».
Des kilos repris aussi vite, comme lors d'une gastroQuid de la perte de poids alors?? À Clermont, la diététicienne lève les yeux : « Quand on a une gastro, on perd deux ou trois kilos, mais on les reprend juste après. C’est pareil. Si on doit perdre 10 kg, il faut perdre un kilo par mois. » Même son à Riom, chez Sylvie Faure.
« Une bonne perte de poids, c’est 10 % de sa masse en un an ou deux. »
En fait, les régimes proposés par les professionnels imposent souvent de manger plus. Mais mieux. La principale crainte de la privation reste de « créer de nouveaux troubles alimentaires dus au contrôle », avancent les deux professionnelles.
Quant aux accros au sport, qui ne parlent plus de plats mais de protéines, de calories, de lipides… « Pas bon, explique-t-on à Clermont. Il ne faut surtout pas se détacher du plaisir. »
Simon Antony