Comment fonctionne la cellule Covid qui gère de Tulle (Corrèze) les cas à l'école ?
Trois bureaux en enfilade au sein de la direction des services de l’Éducation nationale de Corrèze, à Tulle. C’est là que chaque jour, depuis le début de la pandémie sont enregistrés les cas positifs au Covid dans les établissements scolaires du département. Et que sont prises les décisions de fermer ou non une classe touchée par plusieurs cas positifs. Une cellule créée en urgence à la veille de la fermeture des écoles lors du confinement de mars 2020 et qui depuis, n’a jamais cessé son activité, laquelle est en forte progression avec le variant Omicron.
Le signalement des cas se fait par mailVendredi, plus de deux cent cinquante mails ou coups de téléphone venant d’établissements scolaires et annonçant chacun un ou plusieurs nouveaux cas sont arrivés à la cellule. La mission des cinq personnes, dont un médecin de l’Éducation nationale, qui la composent : tracer les cas contacts. Quand un cas positif est signalé à un chef d’établissement, celui-ci remplit un fichier avec l’identité de l’enfant positif, la date du test positif, son dernier jour en classe… et l’envoie à la cellule, tout en informant les parents des cas contacts. L’enseignant sait alors quand l’enfant positif peut retourner à l’école et quels sont les enfants qui devront présenter une attestation assurant de la réalisation du premier autotest négatif. Les données collectées par la cellule sont transmises à la préfecture, au rectorat puis au ministère pour avoir un état des lieux précis de l’évolution de la pandémie.
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Quand ferme-t-on une classe ?Mais cette cellule est aussi le lieu de décision de « la suspension de l’accueil dans une classe », indique Dominique Malroux, le directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen). À quel moment décide-t-il de fermer une classe pour cause de Covid ? « Le docteur de l’Éducation nationale, Isabelle Blavignac qui gère la cellule, a une expertise sur le nombre de cas dans la classe… En lien avec l’Agence régionale de santé (ARS) qui connaît le contexte global (s’il y a un cluster dans la commune par exemple ou si le virus circule beaucoup dans cette zone), des propositions qui peuvent aller jusqu’à la fermeture de classe nous sont faites. Je prends alors une décision, en lien avec l’ARS et la préfecture », explique Dominique Malroux. Depuis la rentrée de janvier, quatre classes ont ainsi été fermées.
Accompagner et rassurer les directeurs. Le docteur Blavignac répond aux questions des directeurs qui ont besoin d'être accompagnés. La cellule répond aussi aux questions ou demandes de précisions des chefs d'établissement sur le protocole sanitaire. « Ils ont la Foire aux questions (FAQ) à laquelle ils peuvent se référer, rappelle Christophe Jasson, secrétaire générale de la Direction des services de l’Éducation nationale. Au départ, c’était une seule page. Maintenant, elle en fait 42. C’est notre Bible… » Une Bible qui, néanmoins, a encore besoin parfois de la lecture du médecin. Et des questions, elle en a chaque jour : combien de jours l’enfant positif doit être isolé?? Que faire si un enfant revient à l’école sans le certificat qui atteste d’un autotest négatif?? À chaque fois, le docteur répond, discute, échange avec le chef d’établissement. « Ils ont parfois besoin d’être rassurés, d’être accompagnés pour prendre la bonne décision. Ici, on fait un travail d’équipe et il nous arrive de réfléchir tous ensemble sur une situation que nous n’avons pas encore eue… ». Rassurer fait partie des missions de la cellule Covid : « Certains directeurs sont inquiets notamment quand il y a plusieurs cas dans une classe, mais le fait d’échanger avec notre interlocuteur le rassure, précise le docteur Blavignac.
Texte : Estelle Bardelot
Photos : Justine Bavois