La rénovation de la gare de Royat-Chamalières (Puy-de-Dôme) est sur les rails
Bientôt 150 ans d’existence pour la vénérable gare de Royat-Chamalières, depuis sa mise en service en 1881.
Une campagne de rénovation est actuellement menée, par la SNCF et la Région, dans ces locaux qui devraient accueillir de nouveaux services d’ici quelques mois. Les travaux ont débuté en décembre dernier et devraient être terminés en juin prochain.
Le bâtiment étant inscrit au titre des monuments historiques depuis 1994, la SNCF a ainsi dû respecter certaines contraintes. Les travaux se concentrent à l’intérieur du bâtiment et concernent l’isolation, la mise aux normes, les peintures, les sols et les menuiseries.
Une antenne de la Fondation Jacques-Chirac au rez-de-chausséeÀ la fin des travaux, une antenne de la Fondation Jacques-Chirac s’installera au rez-de-chaussée de la gare de Royat-Chamalières, et occupera une surface de 186 m2 pour y installer un foyer de vie pour personnes atteintes de troubles autistiques. Les noms des éventuels autres occupants des lieux ne sont, pour l’instant, pas connus.Le coût des travaux est cofinancé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et SNCF gares et connexions.
La gare de Royat-Chamalières a été inscrite au titre des monuments historiques en 1994.
De très bons souvenirs dans un logement atypique« On est arrivé en 2004 et on est resté jusqu’en juin 2020. » Alexandra, 38 ans, et sa famille habitaient un logement à l’étage du bâtiment. « Au début les gens ne s'attendaient pas nous trouver dans la gare. Même les personnes qui se présentaient pour l’entretien de la chaudière, par exemple, m’appelaient au téléphone pour me demander où nous trouver. »
Alexandra et Fabien et leurs deux enfants : Sylvain, 12 ans, et Lucas, 10 ans, aujourd’hui. « On est arrivé à deux, et on est reparti à quatre. C’est de très bons souvenirs ».
À leur arrivée, l’accueil SNCF fonctionnait encore. Pour accéder à leur appartement, « on entrait comme les clients par le hall » avant de bifurquer sur la partie privée. « On louait un appartement de 90 m2 et on avait le grenier ». C’était un logement atypique. Au bout de quelque temps, on ne faisait plus attention au passage des trains. »
De l’autre côté des voies de chemin de fer, la caserne des pompiers : « On voyait les départs sur intervention, les gyrophares, la salle de sports. »En 2018 la SNCF a décidé de fermer l’accueil au public. Une période un peu plus compliquée : « Les gens ne comprenaient pas. Ils nous voyaient entrer dans le hall et nous demandaient des renseignements ou voulaient acheter un billet. » Le hall était évidemment réservé à la SNCF, « mais on y a parfois organisé clandestinement les anniversaires des enfants », dit en riant Alexandra. « Une quinzaine d'années entre les murs de la gare, ça laisse pas mal de souvenirs : les soirées entre amis, le début d’une vie à deux, puis la petite famille s’est agrandie. On a quitté la gare à quatre. »
La ligne Clermont-TulleOn commence à parler sérieusement d’une voie ferrée entre Clermont et Tulle à partir de 1860. En février 1876, la liste des terrains nécessaires à la construction de la nouvelle voie était publiée et l’expropriation mise en route… La ligne ainsi prévue avait un tracé difficile dans une région accidentée, mais, par économie, la compagnie du PO (Paris Orléans) avait limité au maximum les grands travaux d’art, le viaduc étant une exception, par contre on admettait de fortes pentes et des courbes à faible rayon, ce qui très vite sera une gêne sérieuse pour tout trafic rapide. Sa réalisation est due à l’ingénieur en chef Jules Martin, assisté de l’ingénieur Colin. La ligne - et donc la gare - ouvre en 1881. Elle est cependant la reproduction fidèle de la station de Plombières-les-Bains, dans les Vosges.
Polémique autour du nomLa ligne ouvre en 1881, mais jusqu’en 1927 la gare porte le nom de Royat, bien que située sur le territoire de Chamalières. Une appellation qui ne manque pas de provoquer de vives polémiques entre les deux municipalités. Dès 1895, le conseil municipal chamaliérois demande à ce que le bâtiment porte le nom de Royat-Chamalières, en exposant que ce nom double était d’un usage courant et surtout que le trafic de marchandises se faisait en majorité pour Chamalières. Mais, par prudence sans doute, on ne parlait pas du trafic voyageurs. Chamalières finira par obtenir satisfaction le 13 avril 1927.
Source Chamalières de André-Georges Manry et Pierre Chazal.
Pascal Guinard
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