La grande passion du bonsaï dans le Cantal
Bonsaïkas. Ce mot ne vous dit rien ? Ils sont pourtant quelques-uns dans le Cantal. Les bonsaïkas sont les amateurs de bonsaïs. Dans le département, un club les réunit : le Cantal bonsaï club. Pascal Faillès, habitant d’Arpajon-sur-Cère, a rejoint le club il y a une douzaine d’années : « Avant, j’avais passé une année à m’occuper de mon bonsaï tout seul. On m’en avait offert un. Il venait de chez un fleuriste donc il a tenu, pas comme les bonsaïs de supermarchés qui ne vivent que quelques mois. C’est à partir de là que je me suis passionné pour ces arbres. »
Aujourd’hui, il bichonne environ 50 spécimens. « Cela ne m’occuperait pas assez si je n’en avais qu’un ou deux. Dans mon jardin, j’ai des essences locales qu’on prélève dans la nature avec le club sur des terrains privés avec autorisation avec les propriétaires. Ce sont des arbres de taille réduite, car ils ont eu des problèmes, ils étaient mal placés par exemple. » Il leur offre une meilleure vie dans un pot. « J’ai des pins noirs, un chêne, un cerisier de Sainte-Lucie. J’ai aussi des essences qui ne viennent pas d’ici et que j’achète dans une pépinière comme un érable ou un genévrier du Japon. Je ne les mets pas dans de la terre, mais dans en mélange de gravillons et de sable notamment, car au contact des gravillons, les racines se séparent. Et, du coup, elles se multiplient au lieu de se développer. On a donc plein de petites racines, pas des grosses, ça freine la pousse de l’arbre. »
« Certains bonsaïs ont 300 ou 400 ans »Une technique nécessaire si on veut garder son arbre dans les canons de l’art japonais du bonsaï : « Au-dessus d’un mètre, ce n’est plus vraiment considéré comme un bonsaï et il y a plusieurs classifications. On a les arbres battus par les vents, les arbres prisonniers des rochers. Il y a aussi des catégories en fonction de la taille. On appelle par exemple “mame” (prononcez mamé, NDLR) les arbres de moins de dix centimètres. »
Il y a aussi les arbres “shohin” (“petite taille” en japonais) pour les bonsaïs de moins de 25 centimètres. « Au Japon, ils partent de la graine et il leur faut trois générations pour ce que soit vendu », explique Pascal Faillès?? Ce passionné n’a pas encore visité le pays du Soleil-Levant, mais aimerait beaucoup le découvrir.
Certains bonsaïs ont 300 ou 400 ans et ils continuent à s’épanouir, poursuit-il. Pour ça, il faut dès le départ effectuer les bonnes tailles.
Ceux de Pascal n’en sont pas là, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont soignés. « J’utilise une pince concave pour créer des cicatrices arrondies et du mastic pour cicatriser les plaies. En fait, le but est d’arriver à avoir un arbre comme il le serait dans la nature. »
Ce qui me passionne, c'est voir la structure d'un arbre d'un âge assez avancéEt aussi de le faire paraître plus vieux. « Pour ça, on a des pinces à bois mort. Cela donne des impressions de bois mort sur certaines parties du bonsaï. » Autre technique, l’autogreffe. « On greffe une branche de l’arbre à une autre branche, de façon à le rendre plus touffu », continue le passionné qui trouve son mastic ou ses pinces spéciales dans les expositions de bonsaïs ou sur Internet.
« Toujours pour rendre l’arbre plus touffu, au printemps, on coupe les bourgeons du haut. Ça va donner davantage de bourgeons plus bas et avec de plus petites feuilles. » Mais ce qu’il préfère, ce sont ses bonsaïs l’hiver : « Ce qui me passionne, c’est voir la structure d’un arbre d’un âge assez avancé. »
Un art qu’il transmettra peut-être bientôt à Jean-Luc. « J’ai commencé une collection il y a un an et j’ai une dizaine de bonsaïs, confie cet habitant du bassin aurillacois. Je suis débutant et je recherche d’autres passionnés pour m’améliorer. » Il sait maintenant à qui s’adresser…
Clément Bessoudoux