Dégradations en série dans la nuit du 9 au 10 juin dans le centre de Montluçon (Allier) : prison ferme pour un jeune majeur
Le prévenu est majeur depuis quelques mois. Et déjà, il est présenté devant le tribunal correctionnel de Montluçon, en comparution immédiate. Dans le box, comme il l’avait fait en garde à vue, Yann Héraud reconnaît ce qui lui est reproché.
Une série de dégradationsPour commencer : d’avoir dégradé, dans la nuit du 9 au 10 juin, une vitrine de restaurant et douze véhicules. Il a avoué avoir dérobé dans certaines des clés, des lunettes de soleil, un câble USB et un taser. Ensuite : d’avoir refusé d’obtempérer en scooter alors que la police tentait de l’interpeller le 12 juin. Et enfin : d’avoir été porteur d’une serpette lorsqu’une patrouille l’a enfin rattrapé le même jour.
« Quel regard portez-vous sur les faits ? », le questionne la présidente du tribunal. « C’est chaud ! », lance-t-il sans plus d’introspection.
« Je voudrais comprendre ce qu’il s’est passé le 9 juin », tente la magistrate. Le Montluçonnais raconte avoir été condamné par le tribunal pour enfants ce jour-là.
« Ce que j’ai pris, ça m’a énervé. Je crois que c’était pour des vols, un truc comme ça. J’ai juste retenu la peine. »
Une peine ferme prononcéeMais l’attitude du jeune homme ne plaide pas en sa faveur. Yann Héraud a donc été condamné à trois ans d’emprisonnement dont dix-huit mois avec sursis probatoire de deux ans, avec maintien en détention, auquel s’ajoute un mois d’emprisonnement pour le refus d’obtempérer. Il aura interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.
Le procureur avait requis cinq ans d'emprisonnement dont deux avec sursis probatoire. Le tribunal a suivi ses réquisitions pour le reste, notamment les obligations de soins, de travailler ou de suivre une formation et d’indemniser les victimes dans le cadre du sursis probatoire.
Une audience sur intérêt civil, le 13 septembre prochain, fixera le montant des dommages et intérêts qu’il devra verser.
Laura Morel