« Le vélo a toute sa place sur la route » : paroles de cycliste de la première vélorution à Thiers (Puy-de-Dôme)
Casque, lunettes de soleil, gilet orange et un vélo tandem à assistance électrique plutôt inhabituel. « Ma femme s’installe devant en position allongée. Ce vélo est modulable et peut se transformer en vélo cargo », détaille Simon Durupt en ce samedi de première vélorution (1) à Thiers.
Il a acquis ce deux-roues quand il lui a fallu acheter une nouvelle voiture. « J’ai réfléchi : conserver deux voitures sachant que ma femme l’utilise tous les jours pour aller travailler ou acheter le vélo de mes rêves ? » Cet habitant de Saint-Jean-d’Heurs a tranché. Et sans regret :
« Même si ce choix était onéreux. Je fais tous les trajets à vélo pour aller travailler à Thiers. Avant sans l’assistance électrique, cela allait dans le sens Saint-Jean-d’Heurs Thiers mais dans le sens contraire, je pouvais mettre trois fois plus de temps en raison du dénivelé. »
Une journée pour encourager au recyclageSimon a rejoint la cinquantaine de participants de la vélorution partie samedi matin de la salle Jo-Cognet de Thiers, en parallèle de la journée « Ne jetons plus, recyclons ! » destinée à sensibiliser au recyclage.
Aussi loin que Simon se souvienne, il a « toujours pratiqué le vélo. Etudiants à Nancy, puis à Clermont-Ferrand et maintenant ici. Nous sommes là pour démontrer que le vélo a toute sa place à Thiers. Nous avons tous le droit d’être sur la route. Pour preuve, le parcours de 4 km de la vélorution passe par l’avenue Léo-lagrange. La voiture a été la dernière à occuper le bitume. »
Or c’est paradoxal de voir que tous les aménagements sont réfléchis en fonction de l’automobile et non des autres usagers.
"J'ocupe la voie"Ainsi les dangers sur la route restent un frein pour beaucoup. « Moi, je pars du principe que j’ai le droit comme les autres d’être sur le bitume. Donc plutôt que de longer au plus près le bas-côté, ce qui peut être dangereux car des voitures risquent de me frôler, j’occupe la voie où je roule. Comme cela, les voitures ralentissent et ensuite je me déporte plus au bord pour laisser passer. »
Aussi, je porte toujours un gilet fluorescent. L’idée est d’être vu. Car le danger réside surtout quand le cycliste n’est pas vu !
Lili, sa compagne, n’envisage pas les choses de cette façon-là : « Moi j’ai peur à vélo. Je redoute de tomber. Sur le tandem, même si je suis devant, c’est différent. J’ai confiance. Pourtant, nous avons fait des descentes à 50 km/heure. »Le vélo est certes pour le couple un choix économique mais pas seulement : « C’est beaucoup plus pratique, surtout en ville, où l’on peut se garer n’importe où. À ce propos, à la campagne, les gens ont moins le réflexe vélo. Pourtant, souvent il s’agit d’effectuer des distances similaires à celle effectuée en ville », note le cycliste expérimenté.
En faveur de l'environnementEt puis, c’est aussi un choix résultant de ses convictions en faveur de l’environnement : « Pour les petites distances, le vélo devrait devenir un réflexe. Je prouve chaque jour que c’est possible et quel que soit le temps. Le choix du vélo contribue à lutter contre le réchauffement climatique », reconnaît celui qui travaille aussi en tant que maître composteur à Thiers Dore et Montagne.
« Aujourd’hui des personnes qui n’avaient pas fait du vélo depuis longtemps nous ont rejoints. J’espère qu’elles ont eu le déclic, l’envie de continuer de rouler à vélo à Thiers plutôt que de prendre la voiture. »
Cette vélorution était organisée sous l’impulsion du SMTUT et de cyclistes (2). « Nous avons voulu réunir des pratiquants réguliers avec leurs enfants auprès d’un public moins aguerris dans la pratique du vélo. Ces derniers ont eu l’air conquis, se réjouit Émilie Grille, responsable de projets mobilités actives et partagées au SMTUT. Il est envisagé la constitution d’une association à partir de ce groupe pour favoriser ce mode de déplacement et aider le syndicat à imaginer le futur du vélo sur ce territoire. »
Une vélorution à Thiers
(1) Une manifestation festive de cyclistes qui aspirent à circuler sur la voirie et promouvoir le vélo dans les déplacements quotidiens.(2) En partenariat avec Harmonie Mutuelle.
Un salon brocante était organisé sur le thème des gestes écocitoyens par Harmonie Mutuelle à la salle polyvalente Jo-Cognet, à Thiers, samedi toute la journée. Il a réuni une quinzaine d’exposants dont l’entreprise à but d’emploi Actypoles avec des meubles recyclés ou encore des produits de Bébé lutins. Ci-contre, l’association Les Bouchons 63 présentait son activité : elle collecte et recycle des bouchons afin d’aider les personnes en situation de handicap. De nombreux ateliers étaient proposés samedi dont celui consacré à la fabrication d’éponges à partir de chaussettes qui auraient pu terminer dans une poubelle plutôt que d’avoir une seconde vie.
Geneviève Thivat