Alain Rousset, président de Nouvelle-Aquitaine, signe une convention avec les pêcheurs à Bourganeuf
« La Creuse est le paradis de la pêche, où l’emblématique truite fario est encore bien présente », a déclaré Christian Perrier, président de la Fédération départementale de pêche de la Creuse, lundi 26 juin, devant Alain Rousset, alors de passage à la salle Confluences de Bourganeuf.
Une affirmation que le président de la Région Nouvelle-Aquitaine a pu lui-même vérifier, en sortant de l’eau un salmonidé d’une trentaine de centimètres, dans la Mourne, dans le cadre d’une petite sortie matinale organisée pour lui, par des pêcheurs creusois.
800.000 € par an pour les fédérations départementalesCette belle prise a placé le chef de l’exécutif régional dans d’excellentes dispositions pour signer ensuite une “Convention pluriannuelle de partenariat 2022-2024”, avec l’association des Fédérations départementales de pêche et de protection du milieu aquatique de Nouvelle-Aquitaine. Un document créé en 2018, sous le précédent mandat d’Alain Rousset.
Et qui permet aux douze fédérations départementales de pêche néoaquitaines de bénéficier de financements pour des projets liés à la préservation de la biodiversité, au tourisme pêche ou à l’éducation à l’environnement (création de frayères, restauration des cours d’eau, construction de pontons, sensibilisation des enfants à la vie aquatique…).
« Lorsqu’une fédération met 2 euros dans un projet, la Région met 1 euro. L’ensemble représente environ 800.000 euros de subventions régionales par an », assure Mathieu Labrousse, conseiller régional délégué à l’eau, aux continuités écologiques, à la chasse et à la pêche… et président de l’association des fédérations de pêche de Nouvelle-Aquitaine.
Des pêcheurs "sentinelles" des milieux, pour Alain RoussetDisposant d’un relais au sein même de la majorité régionale, les pêcheurs semblent donc bien représentés à Bordeaux. D’autant qu’Alain Rousset est loin d’être insensible aux sujets halieutiques, qu’il associe à l’écologie :
Si l’on veut préserver l’eau, la priorité est de protéger les milieux, les zones humides et les bordures de cours d’eau.
Or, pour lui, les pêcheurs ont un rôle à jouer dans ce cadre, car leur proximité avec la nature serait « un élément essentiel de la prise de conscience des dégradations qui affectent l’environnement. »
« Sans ce type de financements, on ne pourrait pas réaliser autant de choses », indique, de son côté, Guillaume Perrier, chargé de développement à la Fédération de pêche de la Creuse. « Nous venons par exemple d’aménager une mise à l’eau au barrage des Combes, à Felletin. 30 % des fonds viennent des subventions régionales », illustre-t-il.
"Manque d'enthousiasme" pour la "Maison de la pêche"Les pêcheurs creusois ont par ailleurs profité de la signature de la convention régionale pour mettre en avant leur projet de “Maison de la pêche”. Un lieu dédié à la découverte de la pêche et à la sensibilisation à l’environnement, qui pourrait voir le jour au Donzeil, en 2024 ou 2025.
Le président Christian Perrier a notamment déploré « le manque d’enthousiasme et de soutien des collectivités locales pour le projet ». Citant pêle-mêle « Conseil départemental, communauté de communes, ADRT… (Agence de Développement et de Réservations Touristiques - NDLR). Seuls la Région Nouvelle-Aquitaine et son président Alain Rousset nous accordent leur confiance », affirme-t-il. Ce qui, selon lui, ne serait pas suffisant. La fédé 23 devra donc continuer à appâter des partenaires financiers si elle veut voir un jour se concrétiser ce projet évalué à plusieurs centaines de milliers d’euros.
François Delotte