Ils avaient leur boutique en ligne de produits stupéfiants : deux trafiquants condamnés à Brive
C’est un renseignement anonyme qui a mis les enquêteurs de la brigade de Donzenac sur la piste des deux trafiquants de drogues qui comparaissaient, ce vendredi 30 juin, devant le tribunal correctionnel de Brive. Depuis mars 2022, les deux hommes écoulaient leur marchandise, sur internet notamment.
Une palette de drogues extraordinaireÀ la suite de ce signalement, les enquêteurs ont épluché les allées et venues de ce duo de dealers, âgés de 30 et 32 ans, qui multipliaient les trajets entre Limoges, Toulouse et l’Espagne. Le 26 juin dernier, au moment de leur interpellation, plusieurs centaines de grammes de résine et d'herbe de cannabis, 11 grammes de cocaïne, 33 gélules de champignons hallucinogène, de la MDMA et de l’extazy (400 cachets) ont été retrouvés. Une grande partie de cette drogue a été découverte dans un box, sous-loué par Isham Belkasmi, le plus jeune des prévenus et présenté comme la tête pensante du réseau. Au domicile de ce dernier, 8.070 euros en liquide et plusieurs armes avaient également été saisis, dont des cartouches d’armes de guerre. Chez son complice, Cyprien Barboutie, gros consommateur de cannabis, des quantités plus faibles ont été retrouvées. En fidèle "lieutenant", il était surtout chargé de la livraison des clients.
"Je vendais pour m’en sortir"Les enquêteurs ont estimé à 34.000 euros les gains de ce duo, qui se sont lancés dans le trafic pour joindre les deux bouts pour l’un, pour financer un projet professionnel pour l’autre. " Je vendais pour m’en sortir. Quand mon camion est tombé en panne, il a fallu payer les réparations. J’ai vu sur Télégram que d’autres vendaient des drogues dures, je me suis dit que c’était une bonne idée. Mais, on n’avait pas la clientèle pour cela, c’est pour cela que l'on a retrouvé la drogue dure en plus grosse quantité ", a expliqué Isham Belkasmi, ancien SDF.
Des annonces sur TélégramLes deux dealers trouvaient leurs clients en publiant des petites annonces sur les plateformes cryptées telles que Télégram. « Sur un canal, on publiait notre marchandise. Cela nous a permis d’avoir un peu plus de clients », a-t-il expliqué, transparent. " C’était un trafic qui dure depuis un an et demi. Il y avait les publicités avec leur boutique en ligne, mais aussi les petits cadeaux, les jeux de loterie avec une palette de produits extraordinaire ", a rappelé Frédérique Suquet, vice-procureur de la République.
Les deux hommes, qui ont reconnu les faits, ont été condamnés. Isham Belkasmi a écopé de 4 ans de prison dont deux fermes. Son complice a été condamné à 2 ans, dont un an ferme. Le tribunal a également prononcé, pour les deux comparses, une interdiction de détenir une arme.
Pierre Vignaud