Puy-de-Dôme : mandat d'arrêt à l'encontre du prévenu qui a disparu du tribunal pendant le délibéré
Poursuivi pour un vol par effraction commis au petit matin, le 28 mai dernier, sur un chantier de l’avenue Jean-Mermoz, à Clermont-Ferrand, un homme de 32 ans a été condamné, ce vendredi, à dix-huit mois de prison ferme par le tribunal correctionnel.
Le prévenu, jugé dans le cadre d’un renvoi de comparution immédiate, aurait dû comparaître détenu. Placé en détention provisoire, le 28 mai, suite à ces faits, il s’est finalement présenté libre à la barre, un problème procédural ayant conduit à sa mise en liberté – inattendue –, le 21 juin…
La liberté retrouvée… pour le moment !Maamer Mansouri a visiblement choisi de profiter de cette liberté retrouvée (et plutôt inespérée) jusqu’au bout : alors que le tribunal s’était retiré pour délibérer sur son cas, il en a profité pour quitter le palais de justice sur la pointe des pieds.
Au moment de la reprise des débats, les magistrats, tout comme son avocat, Me Bertrand Chautard, l’ont en effet attendu pendant de longues minutes. En vain. Il n’est jamais revenu dans la salle.
Il faut dire que l’ombre du mandat de dépôt (à l’audience ou à effet différé) qui planait sérieusement au-dessus de sa tête, après les réquisitions de la procureure de la République, Amélie Louis, l’a sans doute incité à ne pas trop traîner dans les parages.
Conséquence immédiate : le tribunal, qui s’est brièvement retiré, une seconde fois, pour délibérer, a décidé de délivrer un mandat d’arrêt à son encontre.
Il reconnaît "une grosse erreur"Plus tôt dans l’audience, le trentenaire, qui avait été interpellé, en flagrant délit, alors qu’il dérobait du matériel électroportatif (deux perforateurs et une perceuse) sur le chantier de l’avenue Mermoz, avait pourtant donné l’impression de faire amende honorable, reconnaissant et regrettant, la main sur le cœur, ce qu’il qualifie de "grosse erreur". "Je venais de passer toute la nuit avec des amis dans la discothèque située juste à côté et j’étais très alcoolisé quand j’en suis sorti, résume-t-il. Je ne sais même pas ce qui m’a pris de faire ça. Je n’avais aucun intérêt à commettre ce vol".
Une situation pénale qui ne plaide pas en sa faveurCes explications contrites n’ont pas du tout convaincu la représentante du ministère public, pour qui le prévenu "savait exactement ce qu’il faisait, ainsi qu’en attestent les images de la caméra de vidéosurveillance qui l’a filmé en direct".
"Son alcoolémie, finalement assez relative (environ 1 g, NDLR), ne l’a pas plongé dans l’état second qu’il veut bien décrire". La procureure a aussi rappelé le profil pénal de Maamer Mansouri, "condamné à vingt-trois reprises depuise 2010, sorti de détention il y a peu (1), actuellement mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une affaire de stups à l’instruction et qui est passé en CRPC (2), ce lundi, pour un vol commis en 2021 !". Elle a requis vingt mois de prison, avec mandat de dépôt, donc.
"Ne soyons pas dupes, ni hypocrites : son but était bien de voler ce matériel. Mais il n'y a pas de préjudice, aucune constitution de partie civile..."
Me Chautard a, pour sa part, plaidé "pour une peine entièrement assortie d’un sursis probatoire, bien plus adaptée à ces faits d’une gravité très relative que celle, totalement disproportionnée, requise par le parquet".
Christian Lefèvre
(1) Jugé en comparution immédiate par ce même tribunal, il avait été condamné à un an de prison ferme, avec mandat de dépôt, en août dernier, dans une affaire de vol et de stups.
(2) Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.