A Saint-Priest-des-Champs, le maintien des commerces est un enjeu fort pour l’attractivité du village
La fermeture de l’épicerie sur la place de Saint-Priest-des-Champs, à l’automne, a été un coup dur pour les habitants de la commune. Certes, elle n’était pas grande. Mais le dévouement de sa gérante la rendait presque indispensable. L’onde de choc de ce départ a été ressentie avec plus ou moins d’intensité dans les commerces alentour. « On a tous besoin les uns des autres pour vivre. Dès qu’il en manque un, ça fait défaut », analyse Mélanie Gaillard, de la boulangerie La cascade des pains.
A contrario, quand le boulanger s’est installé, il y a six ans, la boucherie a vu sa fréquentation progresser. « Je suis persuadé que le commerce appelle le commerce. La personne qui va chez le coiffeur en profite pour acheter son pain à côté », souligne Bernard Favier, le maire de la commune.
Commerces fermés à Saint-Priest-des-Champs
La mairie a acheté des locauxPour ne pas laisser s’étioler l’attractivité de Saint-Priest, pour que son tissu commercial ne se laisse pas entraîner dans une irrémédiable spirale de fermeture, la municipalité s’est donc attelée au projet de l’installation d’une nouvelle épicerie sur la place. Par anticipation, elle avait acheté des bâtiments vacants donnant sur la place. Des travaux seront nécessaires pour transformer les lieux. « Le but n’est pas de faire un mini-supermarché. Il y en a à Pionsat, Saint-Gervais, aux Ancizes… Ça suffit. Nous voulons que l’épicerie fonctionne avec des produits locaux et de qualité […] », insiste le maire.
L’appel à candidature pour trouver un repreneur a été réalisé. Deux dossiers ont été présentés. Le choix de la mairie devrait être arrêté rapidement.
Pascal Désarménien a installé sa cave à Saint-Priest-des-Champs au terme d'un parcours de reconversion.
Une offre qui se maintientCette réouverture attendue d’une épicerie s’ajoute à un certain nombre de mouvements dans les commerces de la commune ces dernières années. Si la boucherie est installée ici depuis plusieurs générations, si Françoise Lacour tient les rênes de son café-restaurant « les Tilleuls » depuis 1980, d’autres installations sont plus récentes. C’est le cas de la boulangerie, ouverte il y a six ans, concrétisant un projet porté par la commune. C’est le cas également de la cave de Pascal Désarménien, qui a ouvert il y a cinq ans. C’est le cas, plus récemment, de l’installation de Laura Fontenil, esthéticienne, au sein du salon de coiffure que tient sa mère sur la place du village.
Françoise Lacour, propriétaire du café bar restaurant jeux presse, commerce de Saint-Priest-des-ChampsIl est vrai que l’offre commerciale actuelle de Saint-Priest-des-Champs reste loin de ce qu’elle était il y a 60 ans. Un article du Paysan d’Auvergne en 1965 en donne une idée : outre sabotier, cordonnier et tailleur, il y avait alors deux boulangers, deux bouchers, quatre épiciers et primeurs et sept restaurants et cafés (*). Pourtant, le mouvement n’est pas inéluctable, à en croire Bernard Favier, le maire de la commune.
« Notre idée, c’est d’accueillir de nouvelles populations. Si on veut une commune attractive, il faut des commerces, des pompiers, une école… Tout est lié. Si vous fermez une école, les commerces suivront, parce que les gens iront voir ailleurs. »
« Nous voulons que l’épicerie fonctionne avec des produits locaux et de qualité »Le dossier de l’épicerie de Saint-Priest-des-Champs est en bonne voie pour trouver une issue favorable. Mais un autre défi se présente déjà pour la municipalité : celui de trouver un futur repreneur pour la boucherie qui se partage avec Saint-Gervais d’Auvergne.
Jean-Baptiste Ledys