La creusoise Ghislaine Alajouanine promue au grade de commandeur de la Légion d'honneur
C'est un copain qui l'a appelé le matin du 14 juillet pour lui annoncer l'excellente nouvelle.
Combat contre les déserts médicauxEn ce jour de fête nationale, Ghislaine Alajouanine, née à Chambon-sur-Voueize, commune de l'est de la Creuse, a été promue au grade de commandeur de la Légion d'Honneur. Contactée par téléphone, l'entrepreneure et humaniste de 74 ans n'a pu cacher sa joie d'être distinguée.
« Vous vous rendez compte ? Une pauvre petite Creusoise qui est montée à Paris ! », s'est-elle d'abord exclamée. « Je me suis tellement battue ! Qu'ils osent m'élever au grade de commandeur, ça récompense tous mes combats pour qu'il y ait zéro déserts médicaux (sic) ! Vous savez, j'ai fait un show l'année dernière à Aurillac : zéro déserts médicaux, c'est possible ! »
Un long combat : la télémédecineDans sa lutte contre les déserts médicaux, Ghislaine Alajouanine promeut en particulier une technologie : la télémédecine. C'est d'ailleurs en sa qualité de présidente d'associations de promotion de la télémédecine – elle est notamment présidente de l'Académie francophone de télémédecine et eSanté et du Haut Conseil Télésanté/E-santé – qu'elle a été distinguée.
« Ça va m'aider pour banaliser la télémédecine ! Certes, ce n'est pas la panacée. Moi, j'aime bien que mon médecin me touche, me palpe. Mais, avec la télémédecine, le médecin est obligé de vous regarder, de vous écouter, de vous poser beaucoup plus de questions ! Il ne faut pas que l'écran fasse écran à l'empathie. Et il ne faut pas opposer la médecine et la télémédecine, car elles se potentialisent ! »
C'est en Afrique, alors qu'elle menait des actions humanitaires parallèlement à sa carrière d'entrepreuneure, que Ghislaine Alajouanine a imaginé des dispensaires mobiles dotés de liaisons satellitaires. L'idée était de permettre le désenclavement des régions les plus isolées, en particulier dans le domaine de la santé. Elle a pris corps avec la création de la FISSA, la Force d'intervention sanitaire satellitaire autoportée.
C'est notamment sous l'impulsion de Ghislaine Alajouanine, appelée parfois « Mme Télémédecine » que la technologie s'est développée progressivement un peu partout dans le monde. Et jusqu'en Creuse, avec, par exemple, des dispositifs comme Tel-e-Dent. Mais, c'est la pandémie de Covid-19, en 2020, qui va faire exploser sa pratique, particulièrement en France.
Solution solidaireEn matière de santé, la Creusoise croit aussi « beaucoup au temporaire » et voit d'un très bon œil l'initiative de Médecins solidaires, un collectif de médecins généralistes qui propose une solution aux déserts médicaux avec le temps partagé solidaire. Un dispositif qui cartonne dans les deux communes creusoises – Ajain et Bellegarde-en-Marche – où il s'est implanté ces derniers mois.
« C'est ce qu'il faut faire ! De la même façon que j'ai emmené des médecins en Afrique sur des missions de deux/trois semaines et qu'ils étaient tout à fait heureux de cette expérience. »
Daniel Lauret daniel.lauret@centrefrance.com