Plus de 200 jeunes à Neuvy pendant deux semaines pour un séjour fait d'armée, d'école et de colo
On hisse le drapeau tricolore en chantant La Marseillaise tous les jours en ce moment, au lycée agricole du Bourbonnais à Neuvy. Les élèves habituels étant en vacances, la place est libre pour accueillir d’autres jeunes : ceux du Service national universel (SNU).
Uniformes bleu et blanc parfaitement ajustés et casquettes vissées sur la tête, les plus de 200 volontaires, originaires d’autres départements, vivent leurs premiers instants d’un séjour de deux semaines. Un séjour qui n’est "ni l’école, ni l’armée, ni la colo", comme leur a rappelé Suzel Prestaux, directrice académique des services de l’Éducation nationale, alors qu’ils se tenaient au garde à vous pendant la cérémonie d’ouverture, jeudi dernier.La cérémonie d'ouverture a duré une trentaine de minutes. Photo Séverine Trémodeux
Loin des parents !Pas la colo, mais "un peu les vacances" quand même pour Meryl, Cloé et Clara, qui ne se connaissent que depuis mercredi. Après la cérémonie, qu’elles ont trouvée "un peu longue" (30 minutes), les trois lycéennes expliquent les raisons pour lesquelles elles se sont portées volontaires : "une amie m’en avait parlé, ça avait l’air bien pour faire de nouvelles rencontres", s’enthousiasme Cloé, 17 ans, originaire d’Orléans. "Et ça permet d’être loin des parents !" ajoute Clara, 15 ans, de Nevers.Meryl, Cloé et Clara ne se connaissaient pas la veille de la cérémonie. Photo Séverine Trémodeux
Depuis leur arrivée la veille, tous les téléphones portables sont rangés dans une pièce inaccessible pour eux. Les smartphones sont rendus une fois par jour, le soir, pour une durée limitée.Car tout est pensé pour créer la cohésion, dans ce dispositif qui se veut l’héritier du service militaire, et qui ambitionne de "favoriser un sentiment d’unité nationale autour de valeurs communes".
Des activités de 7 h 30 à 22 heuresLe programme des deux semaines ? Il est dense. Les engagés ne le connaissent pas dans les détails. Ils savent cependant que leurs proches n’auront pas le temps de leur manquer. "Il y aura pas mal de sport, je crois", avance Meryl, aussi d’Orléans, qui fêtera son 17e anniversaire le dernier jour du SNU.
Elle a raison.
Les jeunes feront une grande randonnée en montagne bourbonnaise toute la journée, ça sera l’un des temps forts du séjour.
Ils auront aussi droit à des cours de self-défense à plusieurs reprises.
Cependant, le sport n’est que la pointe immergée de l’iceberg, qu’est le séjour de cohésion du service national universel. Les engagés volontaires auront une éducation financière avec la Banque de France, ils participeront à un atelier Fresque du climat avec la Ligue pour la protection des oiseaux. Ils seront initiés aux enjeux du numérique, éduqués aux gestes qui sauvent, ont assisté au passage des cyclistes du Tour de France à Vieure, aux explications des différents services en uniforme, écouteront le témoignage d’un résistant de la Seconde Guerre mondiale… c’est simple : des activités sont programmées tous les jours de 7 h 30 à 22 heures.
Le code gratuit et un atout sur ParcoursupEn plus de se faire des amis, les trois volontaires espèrent donc « apprendre plein de choses pendant ces deux semaines ».Après la cérémonie, ils ont tout de suite enchaîné avec un "atelier numérique". Photo Séverine Trémodeux
Elles ont aussi une petite idée derrière la tête : "S’engager dans le SNU permet de passer son code gratuitement", glisse l’une d’elles. Une autre pense déjà aux études supérieures, pas si loin que ça :
Montrer notre engagement peut faire la différence sur Parcoursup.
Quant à nos jeunes de l’Allier, Florence Barbat souligne qu’ils sont parmi les plus nombreux à s’engager en France dans le Service national universel. "Il était attendu qu’on inscrive 200 jeunes, on en a eu plus de 350 en 2023".
Une proportion aux antipodes de la tendance nationale : alors que 50.000 étaient attendus en 2022, seulement 32.000 se sont portés volontaires.
Emeric Enaud