14-Juillet : une nuit plus calme qu’en 2022 et des dégradations en baisse
La nuit a été calme. Il y a eu une "baisse importante" des dégradations lors des festivités du 14-Juillet, qui se déroulaient cette année sous haute surveillance après les récentes émeutes, a assuré, ce samedi 15 juillet, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. "Les fêtes populaires, les concerts et les feux d’artifice ont pu se dérouler partout en France avec une baisse importante des dégradations par rapport à 2022", a tweeté le ministre de l’Intérieur.
Les fêtes populaires, les concerts et les feux d’artifice ont pu se dérouler partout en France avec une baisse importante des dégradations par rapport à 2022. On le doit à nos forces de l’ordre, à leur présence et aux nombreux contrôles préventifs effectués. Merci à eux.
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) July 15, 2023
Selon le bilan provisoire du ministère de l’Intérieur établi à 5h30, la nuit de vendredi à samedi a été "dans l’ensemble plus calme que l’année précédente". Un total de 255 véhicules incendiés ont été recensés, contre 423 l’an dernier, a précisé le ministère. Il y a eu 96 interpellations et 7 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers blessés, contre 21 en 2022. Quelque "51 usages d’artifice contre les forces de l’ordre" ont été comptabilisés, contre 333 en 2022.
A Paris et en proche banlieue, il y a eu "62 incendies de biens", soit une "baisse de 70 %" par rapport à l'an dernier, a indiqué la préfecture de police. Un total de 53 personnes (- 80 %) ont été interpellées dans cette zone, a ajouté la préfecture de police. A Paris, il y a eu 42 personnes placées en garde à vue, dont 12 mineurs, notamment pour participation à un groupement formé en vue de dégradations ou violences, violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et dégradations volontaires, a précisé le parquet.
Un dispositif de sécurité important
Le ministère de l’Intérieur avait déjà observé une baisse des dégradations lors de la nuit du 13 juillet, traditionnellement marquée également par des incidents. Comme la veille, 45 000 policiers et gendarmes, dont, pour la première fois un 14-Juillet, des unités d’élite, étaient mobilisés samedi soir. Au total, 130 000 membres des forces de l’ordre "spécialement équipés et organisés" sont mobilisés pendant le week-end. A Paris, environ 10 000 policiers et gendarmes étaient sur le terrain, dans la capitale et ses départements limitrophes.
Dès jeudi soir, Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris, avait évoqué le déploiement d’effectifs plus nombreux et de moyens accrus pour "quadriller" l’Île-de-France. "On ne craint rien du tout mais il y a de la prudence", avait-il répondu sur BFMTV. Un dispositif semblable à celui déployé lors des violences consécutives à la mort de Nahel 17 ans, tué par le tir d’un policier lors d’un contrôle routier à Nanterre le 27 juin. Environ 165 000 mortiers d’artifice, très prisés des émeutiers, ont été saisis depuis le 27 juin, a-t-on indiqué samedi place Beauvau. Dès dimanche dernier, l’exécutif avait publié un décret qui interdisait, jusqu’au 15 juillet inclus, la "vente", le "port" et le "transport de mortiers d’artifice", fréquemment utilisés par les auteurs de ces violences.
A noter que plusieurs communes avaient par ailleurs décidé de renoncer à leur feu d’artifice, notamment en Île-de-France et dans le Nord. Exemple avec Maisons-Alfort et Charenton-le-Pont. Mais à Paris, la mairie a maintenu la fête autour de la Tour Eiffel devant une foule dense. Dans la capitale, le feu d’artifice s’est tenu comme traditionnellement sur le Champ-de-Mars devant une foule dense. Selon la mairie de Paris, comme l’an passé, la zone sécurisée pouvait accueillir 70 000 personnes pour assister à un grand concert classique puis au spectacle pyrotechnique qui a suivi pendant une vingtaine de minutes, peu avant minuit.
Cependant, les manifestations "en lien avec les émeutes" restent interdites jusqu’au 15 juillet inclus, avait annoncé Gérald Darmanin. Le rassemblement organisé en mémoire d’Adama Traoré ne sera donc pas autorisé ce samedi place de la République à Paris.