J'ai testé pour vous...l'édition 2023 de Meurtre à Masgot
Armée d’un carnet et de mon cerveau, ainsi que d’un chapeau et de crème solaire, je suis parée pour m’attaquer au mystère de la mort d’un certain Ferdinand Dutilleul. Chaque année pendant l’été, depuis 2017, le village de Masgot met en place un Cluedo géant : Meurtre à Masgot.
Beau décor pour une sortie stimulantePour bien commencer l’aventure, un peu de lecture. Dans le carnet de cette année, donné à l’accueil, je découvre les circonstances d’un décès suspect. Ferdinand Dutilleul, paysan, est mort devant chez lui vers 22 heures après avoir passé la soirée avec son ami boulanger. Sa femme a trouvé son corps le matin suivant à son réveil. Le carnet nous livre un article du « Courrier de la Creuse » et le rapport d’autopsie. C’est la première fois que j’endosse le rôle d’enquêtrice, alors j’ai pris le niveau famille et pas celui d’expert. Tout me semble simple, du moins au début.
On est lundi 11 juillet, il est 15 h 20 et je me rends sur la scène de crime. Bon, le rapport d’autopsie m’informe que la mort a eu lieu en mai 1863 alors je pense être un petit peu en retard. Qu’à cela ne tienne, je veux élucider cette affaire?! Pas de bol, je bute sur la première énigme, un rébus, et j’entends un enfant le déchiffrer d’une seule traite.
Mieux vaut être en groupe et partager ses neurones.Je ne me laisse pas décourager et… je m’allie à sa famille. Deux têtes valent mieux qu’une. Quelle idée de me lancer dans cette enquête sans partenaire après tout. Mon camarade fin limier a 11 ans et s’appelle Arthur. Curieux de nature, il a très envie de savoir si l’enquête est basée sur une histoire vraie ou pas. Paul, 6 ans et Gaspard, 7 ans, gambadent derrière lui avec entrain mais un peu moins de professionnalisme. Grands-parents et petits-enfants se sont retrouvés en Creuse pour les vacances : les premiers sont parisiens et les jeunes viennent d’Hossegor.
Ainsi accompagnés de ses grands-parents et de ses deux frères, Arthur et moi nous déplaçons en quête de nouveaux indices. On suit la carte à l’intérieur du carnet pour trouver les panneaux sur les lieux fréquentés par les suspects. Il fait chaud. Heureusement que tout se passe dans une zone restreinte. Ce n’est pas une course d’orientation non plus et les indices sont disséminés soit dans des maisons où l’air est plus frais soit à l’abri sous des arbres. Le grand-père, George, ne manque pas de se poser, le temps d’apprécier le paysage et la nature. Mais le mystère n’attend pas, Arthur résout les énigmes bien vite. Plus vite que moi en tout cas. Et manie le plan du village bien mieux aussi. Un avantage de la jeunesse selon leur grand-mère, Nicole : « Ils sont bien alertes et très curieux ».
Au fur et à mesure de notre avancée, tous les personnages deviennent suspects. La femme de la victime a un mobile, son meilleur ami et l’épouse de celui-ci aussi tout comme le berger du coin. L’enquête se corse. On reste confiant malgré tout. Enfin, je réussis à reprendre de l’avance sur Arthur. On a beau s’être alliés, je suis bien contente d’avoir résolu les mots codés avant mon jeune rival. Après les deux énigmes finales, on met en commun nos impressions et réflexions. Tous ont un mobile mais seulement un suspect n’a pas d’alibiété . On se met d’accord sur un coupable et nous repartons en direction de l’accueil pour « rendre nos copies ». Seulement voilà, il se trouve qu’on s’est trompés.
Malgré notre alliance et notre sérieux, on a manqué des indices cruciaux. D’un côté, notre suspect n’aurait pas pu commettre le meurtre et de l’autre, il y avait bien quelqu’un dénué d’alibi. Nous voilà bien gênés. On aurait failli mettre la mauvaise personne en prison?! Tout le monde n’est pas Sherlock Holmes. L’été 2024, je prendrai peut-être ma revanche avec le prochain jeu de l’équipe du village de Masgot. Quant au jeu de cette année, il est disponible jusqu’au 26 août et dure environ 1?h?30.
Texte : Charlotte MathiotPhotos : Bruno Barlier
Pratique. Chaque année, l’association des Amis de la pierre de Masgot élabore une nouvelle enquête. Cette affaire policière du XIXe siècle permet d’en apprendre plus sur les métiers et le quotidien de l’époque.L’enquête actuelle est disponible jusqu’au 26 août. Du lundi au samedi, avec des départs à 14 heures, 15 heures, 16 heures et 17 heures.L’expérience est gratuite pour les moins de 6 ans, coûte cinq euros pour les moins de 12 ans et dix euros pour les autres.En parallèle, il est toujours possible de venir aux ateliers de sculpture et gravure sur pierre, les mardis et vendredis, ou de mosaïque, les lundis et jeudis. Se renseigner sur www.masgot.fr