Bouée de sauvetage
Tout sujet passionnel s’accorde mal avec l’exercice harassant de la nuance. Ajouter à cela la proximité d’élections européennes. Songer aux craintes de dissolution culturelle qui traversent le Vieux Continent. Comprendre très vite l’opportunité d’engranger, au passage, du capital électoral. L’immigration est, sans nul conteste, la bouée de sauvetage de partis à bout de souffle et de corpus idéologique. C’est à ce moment-là précisément que la politique se fait slogan, sans autre ambition que de séduire. Et de cibler des responsables, comme l’Union européenne qui, pourtant, dresse infatigablement des barricades et sous-traite à des pays moins regardants sur les droits humains. La carte postale de Lampedusa, caillou de 20 km 2 lové entre Tunisie et Sicile, arrive à point nommé pour servir de toile de fond. À croire qu’on ne saura jamais traiter ce sujet, tête reposée. C’est dans cette ambiance que s’annonce, en France, le projet de loi sur l’immigration, en souffrance depuis un an et qui, poussé par la surenchère, risque de perdre son équilibre. Depuis 1980, 29 lois sur l’immigration ont vu le jour, dans l’espoir de réguler et d’intégrer. C’est dire leur efficacité .
l’éditorial
Florence Chédotal