Les stations-service indépendantes sont-elles condamnées à fermer boutique ?
En 2022, l’organisation représentant les professionnels de l’industrie du pétrole, l'UFIP, ne dénombrait plus que 11.039 stations-service sur le territoire français (contre 41.500 en 1980). Et le 19 septembre 2023, le site prix-carburants.gouv.fr n’en dénombrait que 9.646.
Autre constat : la part des grandes et moyennes surfaces parmi les points de ventes nationaux va croissant. Elle a plus que triplé depuis les années 80, et représente aujourd’hui la moitié des stations du territoire.
Les indépendants, eux, ont de plus en plus de mal à tenir, dans un contexte de migration vers les véhicules électriques et après les périodes de pandémie connues ces dernières années. Ces stations représentent aujourd’hui un tiers de l’offre nationale, et sont surtout présentes en zone rurale, majoritairement dans l’est de la France. Elles arrivent à se maintenir surtout en Lozère et dans la Nièvre (plus de 40% du réseau local).
Objectif : diversificationCe déclin du réseau des indépendants pourrait avoir un impact sur la vie locale. En effet, selon Mobilians, organisation patronale en charge du secteur, ces stations-service de proximité ont diversifié leur offre pour devenir "des relais économiques essentiels". Selon une enquête menée auprès de ses adhérents en avril 2022, 67% des stations indépendantes proposent des activités de réparation automobile, une sur deux vend des produits alimentaires et de l’alcool (qui représente jusqu’à 40% de leur chiffre d’affaires).
Et Mobilians précise que ses adhérents indépendants ont la volonté de poursuivre cette diversification. En investissant dans les énergies nouvelles (bornes électriques, éthanol, hydrogène, etc.) mais aussi d’autres services de proximité comme le retrait d’argent, la vente de billets de train, voire même des services publics. Aujourd’hui, sans la création d’un fonds d’aide dédié, Mobilians estime qu’encore 1.500 stations-services indépendantes fermeronts leurs portes d’ici 2035.
Nicolas Certes