Comment la race auvergne est repartie au galop grâce à une poignée de passionnés
Chapeau vissé sur la tête, chèche autour du cou, chemise et pantalon couleur sable, Laurent Pradier observe les chevaux nés sur le domaine de Moidas, commune d’Orbeil. Une robe bai, aux tonalités brune et marron, des sabots noirs, un corps massif… Autant de caractéristiques de la race auvergne qui a bien failli disparaître.
Entre 80 et 100 naissances chaque annéeSauver ces chevaux, à l’origine utilisés pour les déplacements, les travaux des champs et des vignes des paysans auvergnats, était une nécessité pour Laurent Pradier, à l’initiative avec trois autres passionnés de l’association nationale du cheval de race auvergne (ANCRA).
"Lorsque l’on a commencé en 1996, nous n’avions que 32 chevaux."
A Orbeil, sur le domaine de Moidas, Laurent Pradier élève ses chevaux d'Auvergne."Je venais d’acheter le domaine de Moidas (activités de loisirs Crapa Hutte, NDLR), et pour entretenir le terrain de 200 hectares, j’ai eu l’idée de prendre ces chevaux rustiques adaptés au relief et au tourisme équestre." À l’image des pottoks au Pays basque, ces chevaux possèdent toutes les qualités pour résister au climat de moyenne montagne. Au départ restreint à seulement quelques éleveurs, l’engouement pour la race auvergne s’est accentué, lentement, mais sûrement.
Multiplier par deux le nombre de naissancesAujourd’hui, avec plus d’un millier d’équidés, le dynamisme de la race est assuré par une cinquantaine d’éleveurs. Le renouvellement est désormais conséquent avec 80 à 100 naissances par an, mais, pour autant, ce chiffre reste encore insuffisant aux yeux du professionnel. "Il en faudrait le double", estime Laurent Pradier. C’est d’ailleurs l’objectif de l’association qui, pour faire connaître et prospérer l’espèce locale, organise la dixième édition du Rassemblement cheval auvergne à Issoire, les 23 et 24 septembre, avec la présence de près de 200 chevaux.
Concours et sélection"Issoire est devenu le berceau de la race auvergne", lance même Laurent Pradier pour qui la manifestation, ouverte au public, est une véritable vitrine. C’est également l’occasion d’organiser la sélection des plus beaux représentants de la race qui participeront au prochain Sommet de l’élevage, du 3 au 6 octobre, à Clermont-Ferrand. Un rendez-vous supplémentaire pour fédérer de nouveaux adeptes du cheval auvergnat.
Pratique : association ANCRA au 06.80.08.41.04.
David Allignon