Nexeren mise sur des data centers de proximité dans le Puy-de-Dôme
Le site n’a guère changé, discrètement établi derrière des grilles, zone des Montels, à Cébazat, à l’enseigne près. Les initiales IBO ont cédé la place au logo et nom de Nexeren, société basée près de Lyon et qui exploite cinq data centers, dont les deux d’IBO en Auvergne, celui-ci et son petit frère voisin de la zone du Brézet, créés en 2014 et rachetés en 2021.
Une belle opportunité"Ce data center était le premier neutre énergétiquement, que ce soit par le choix des matériaux ou des équipements", explique Laura Thalmann, directrice marketing data centers du groupe Xefi, dont Nexeren est la filiale d’exploitation de ces fameux centres de stockage et gestion de données.
Nous étions, nous aussi, engagés dans cette démarche et nos trois autres data centers se situent en zone rurale, dans l’Ain et dans l’Isère. Ce rachat d’IBO était une belle opportunité, une rencontre humaine avec les dirigeants d’alors, avec des valeurs communes, des choix technologiques et processus qui nous convenaient bien.
Notamment cette démarche neutre et environnementale, donc, laquelle se décline jusqu’à la barrière végétale qui habille les grillages et ne se contente pas d’empêcher les curieux de voir ou d’approcher. Non loin, derrière la structure principale du data center, c’est l’imposant équipement de froid qui se dresse, soit deux unités de traitement d’air qui permettent de climatiser l’intérieur et de ne limiter l’usage de compresseurs qu’en cas de canicule.
"Nous n’avons rien transformé, confirme le directeur d’exploitation, Stevan Jovanovic. Nous avons juste apporté quelques technologies informatiques et de sécurité, car nous sommes en phase d’uniformisation de nos sites."Stevan Jovanovic, directeur d'exploitation, devant les unités de traitement d'air qui permettent de climatiser l'installation. Photo Francis Campagnoni
L’équipe locale conservéeNexeren a aussi conservé l’équipe de vingt personnes qui gère les data centers de Cébazat et Clermont-Ferrand. Lesquels passent donc d’une structure à dimension familiale à un groupe, Xefi, créé en 1997 en tant que prestataire informatique, qui pèse aujourd’hui 307 M€ de chiffre d’affaires et emploie 900 personnes en propre, 2.000 avec les franchises. Car le réseau est aussi constitué, pour la commercialisation, de 162 agences (18 en propre), dont une à Aubière.
Pour l’activité des data centers, le groupe revendique aujourd’hui 16.000 clients (sur un total de 85.000 pour le groupe), mais tous ne se ressemblent pas. "Certains choisissent d’héberger leurs données sur des baies dédiées, d’autres sur des baies mutualisées, tout est possible, détaille Laura Thalmann. Nous louons aussi des baies complètes à des prestataires d’hébergement qui sont des intermédiaires et ont leurs propres clients. Les deux activités sont complémentaires."
Potentiel de croissance importantEt les profils divers. "Xefi était plutôt sur des TPE-PME, IBO plutôt sur des grands comptes, poursuit la directrice marketing. Le rachat d’IBO nous a surtout donné l’opportunité de muscler notre présence en Auvergne. Car si nous avons, dans nos cinq data centers d’Auvergne-Rhône-Alpes, des clients répartis dans tout l’Hexagone, la proximité est importante et rassurante pour beaucoup."
"Ils ont un accès total à leur baie d’hébergement, complète Stevan Jovanovic, même si dans les faits, une fois installés, on ne les voit presque jamais…"
Nexeren, habilité à héberger des données de santé, protège ainsi localement les données du CHU et d’autres administrations médicales. Celles de l’Université de Clermont Auvergne, aussi, dans un autre genre. Et l’entreprise n’entend pas se reposer sur ses lauriers. Le potentiel de croissance reste important : à ce jour, la capacité totale de ses cinq data centers est occupée à moitié.
Patrice CampoTwitter @patricelmt