Iran, bombe nucléaire… Le prince ben Salmane esquisse son rapprochement avec Israël
"On s’en rapproche tous les jours", a promis le prince héritier saoudien, ce mercredi 20 septembre, devant la caméra de la chaîne américaine Fox news, en parlant d’un accord de "normalisation" des relations avec Israël. "Nous espérons qu’elles aboutiront à un résultat qui facilitera la vie des Palestiniens et qui permettra à Israël de jouer un rôle au Moyen-Orient", a ajouté ben Salmane, dit "MBS", lors de cette interview réalisée en Arabie saoudite.
En démentant toute "suspension" des discussions avec Israël, le prince héritier a ajouté dans un anglais très détendu que "pour nous, la question palestinienne est très importante. Nous devons la résoudre", soulignant que "les négociations se poursuivaient bien jusqu’à présent".
Israël a déjà normalisé ses relations avec cinq pays arabes : Bahreïn, l’Egypte, la Jordanie, le Maroc et les Emirats arabes unis. Cette possible nouvelle normalisation pourrait impliquer des garanties de sécurité de la part des Etats-Unis pour la monarchie pétrolière. Interrogé sur ce sujet, Mohammed ben Salmane a rappelé que les liens entre Riyad et Washington remontaient à huit décennies et qu’un possible accord de sécurité avec les Etats-Unis "renforcerait" leur coopération militaire et économique, sans autre détail.
L’Iran et la course à l’arme nucléaire
Une nouvelle très mal reçue en Iran, ou le président Ebrahim Raïssi a averti mercredi soir à New York qu’une éventuelle normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite constituerait une trahison de la cause palestinienne. "Nous pensons qu’une relation entre des pays de la région et le régime sioniste serait un coup de poignard dans le dos du peuple palestinien et de la résistance palestinienne", a déclaré le président Raïssi lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Interrogé par ailleurs sur la perspective que l’Iran se dote de l’arme nucléaire, le prince héritier, qui dirige de facto le royaume saoudien, a averti que l’Arabie serait alors contrainte de faire de même. "Nous nous préoccupons du fait qu’un pays puisse se doter d’une arme nucléaire. C’est une mauvaise chose", a-t-il affirmé. "Ils n’ont pas besoin de se doter d’une arme nucléaire parce qu’ils ne peuvent pas l’utiliser". Cela reviendrait selon lui à déclencher "une guerre avec le reste du monde". Mais, a-t-il ajouté, "s’ils en obtiennent une, on devra en avoir une nous aussi".
Joe Biden a aussi évoqué l’Arabie saoudite lors de sa rencontre avec Benjamin Netanyahou mercredi 20 septembre. Pour le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, réussir un rapprochement entre l’Arabie saoudite et Israël aurait un impact profond au Moyen-Orient, un "effet puissant sur la stabilisation de la région, sur l’intégration de la région, sur le fait de rassembler les peuples", a-t-il estimé sur la chaîne ABC.