Pour le président de l'UCA, "l'aide publique doit d'abord aller aux étudiants qui en ont le plus besoin"
Mathias Bernard, président de l'Université Clermont Auvergne, n'a pas signé la tribune des présidents d'universités appelant à la mise en place d'une allocation d'études pour tous les étudiants". "Je trouve l'idée intéressante, dit-il, mais j'estime que l'urgence, c'est la précarité avant l'autonomie et que l'aide publique doit d'abord aller aux étudiants qui en ont le plus besoin. Pour moi, il est primordial de remettre à plat le système des bourses sur critère sociaux afin d'ouvrir plus encore l'enseignement supérieur aux classes populaires. ".
La précarité a pris de l'ampleur depuis 20 ans"Par ailleurs, la mise en place d'une telle allocation qui serait bien évidemment conditionnée à l'assiduité et à un contrat passé avec l'université, est complexe sur le plan économique et demanderait des arbitrages notamment sur la demi-part fiscale des parents", ajoute le président de l'UCA.
"La précarité des étudiants est un sujet qui a pris de l'ampleur ces 20 dernières années, reconnait Mathias Bernard, en lien direct avec la massification de l'enseignement (plus de bacheliers donc plus d'étudiants et d'étudiants de classes populaires) avec deux indicateurs qui ne trompent pas: l'explosion des consultations des assistantes sociales que nous avons renforcées et le taux d'emploi salarié des étudiants qui a doublé en vingt ans passant de 20-25% au début des années 2000 à 50% aujourd'hui à l'UCA."
Que faut-il retenir de la rentrée 2023 à l'Université Clermont Auvergne ?
L'UCA a déjà mis en place un fonds socialSi l'action sociale revient au Crous, l'UCA a néanmoins pris un certain nombre de mesures. "Nous avons un fonds social de 30.000€ qui permet de régler un certain nombre de situations, détaille Mathias Bernard. Nous avons aussi développé les emplois étudiants au sein de l'UCA (tutorat, aide dans les bibliothèques..), ce qui rend plus facile l'articulation études-emploi. Enfin, là où c'était possible, nous avons développé l'apprentissage et l'alternance, du bachelor au master, passant de 600 à 2.000 étudiants en 5 ans.".
Géraldine Messina