Pour la Namibie, le bonheur est ailleurs que dans les victoires
Vous pouvez être à la tête d’une équipe qui vient d’encaisser onze essais sans en inscrire un seul, le tout en ayant raté pratiquement 40 % de ses plaquages, et ne pas afficher pour autant une tête d’enterrement.
Allister Coetzee, le sélectionneur de la Namibie, trouvait même du positif dans la copie rendue par son équipe après qu’elle a été étrillée par les All Blacks, vendredi, à Toulouse (71-3).
"Je suis content de ce que j’ai pu voir, qu’on se soit créé autant d’occasions. Malgré le score finale, je suis fier de mes joueurs. Ils ont montré que l’on avait du répondant", confiait le Sud-africain, vainqueur de la Coupe du monde 2007 avec les Springboks.
Pour les Namibiens, le bonheur est ailleurs que de gagner des matches. Ce qui tombe bien pour une sélection qui ne compte que 32 % de succès sur la scène internationale. Le bonheur, il est de pouvoir se confronter tous les quatre ans à ce qui se fait de mieux sur la planète ovale.
Presque trois ans sans jouer"Face aux Blacks, nous avons beaucoup appris. C’est un honneur pour nous de jouer face à des équipes comme ça", poursuivait Coetzee tout en déplorant que son équipe "manque de temps de jeu, de compétitions au niveau international. C’est un handicap pour nous et cela ne s’est pas arrangé avec l’apparition du Covid."
Avec la pandémie, les Welwitschias sont restés près de trois ans sans disputer le moindre match. Ils ont repris pour la Coupe d’Afrique 2022, dont la phase finale s’était déroulée en France pour des raisons sanitaires. Une Coupe qu’ils ont remportée pour la quatrième fois, en disposant en finale du Kenya, obtenant du même coup leur billet pour la Coupe du monde.
Quand bien même ils sont sortis de leurs deux premiers matchs de poule contre l’Italie et les Blacks avec les valises pleines, les Namibiens gardent un moral à toute épreuve. "Quand on rentre sur le terrain, on sait que cela va être difficile. Mais jouer face à de telles équipes décuple notre énergie. Ce n’est que du positif", estime le pilier Haitembu Shifuka.
Débloquer le compteur en 2027… ou avantToujours en quête de son premier succès en phase finale de Coupe du monde après 24 échecs, la Namibie s’attend logiquement à souffrir, ce soir, face aux Bleus. Peut-être même autant qu’en 2007, quand le XV de France avait signé face aux Namibiens la plus large victoire de son histoire (87-10).
"On sait que ce sera très difficile et aussi très différent de ce que nous ont proposé les Néo-Zélandais en déplaçant beaucoup le ballon. Face aux Français, ce sera plus direct, plus frontal, plus physique", prédit le troisième ligne Johan Retief qui a terminé meilleur plaqueur de son équipe face aux Blacks.
Si Allister Coetzee a clairement fixé à ses hommes de "gagner un match de poule lors de la Coupe du monde 2027", il ne désespère pas de débloquer le compteur avant. "Après la France, on jouera l’Uruguay. Ce sera comme notre finale", confient de concert Johan Retief et Haitembu Shifuka.
Pascal Goumy