Les 1.100 collégiens creusois de 5e peuvent se faire vacciner contre les papillomavirus dans leur établissement scolaire
Une grande campagne de vaccination en milieu scolaire est lancée en Creuse, comme partout en France. Le vaccin HPV (papillomavirus humains) n’est pas obligatoire. Mais les autorités médicales recommandent fortement aux familles de le faire entre 11 et 14 ans (avant le début de la vie sexuelle). « C’est une chance de pouvoir bénéficier d’un vaccin sûr et efficace, souligne Dominique Grand, directrice de la délégation départementale de l’ARS Creuse (Agence régionale de santé). Les virus HPV sont très contagieux. »
Gratuit pour les famillesLe vaccin Gardasil permet de se protéger de nombreuses maladies. Les infections à papillomavirus sont responsables de cancers (col de l’utérus, ORL, anus), de lésions précancéreuses et de verrues génitales. « Certains cancers sont très graves voire mortels », insiste Dominique Grand.
C’est un enjeu majeur de santé publique, complète Dominique Terrien, directeur académique des services de l’Éducation nationale.
La couverture vaccinale est pour le moment insuffisante. En Creuse, 38,8 % des filles de 16 ans ont reçu deux doses (46 % en Nouvelle-Aquitaine) et 6 % des garçons (9 % en Nouvelle-Aquitaine).Photo d'illustration Franck BoileauTous les élèves de 5e (filles et garçons) vont pouvoir bénéficier du vaccin. 1.100 collégiens sont concernés en Creuse, répartis dans dix-huit collèges. La campagne de vaccination en milieu scolaire permettra de lutter contre les inégalités sociales.Le vaccin est gratuit pour les familles (la dose coûte 115 euros). Plus besoin d’aller dans une pharmacie ou chez un médecin pour se protéger. Une équipe mobile de vaccination du centre hospitalier de Guéret va se déplacer dans les collèges. Deux médecins libéraux retraités ont accepté de venir donner un coup de main. C’est une infirmière de l’hôpital qui réalisera la piqûre.
Il faut deux doses, à six mois d’intervalle, indique Abdon Goudjo, médecin-chef de la PMI (protection maternelle et infantile) de la Creuse.
La vaccination dans les collèges aura lieu en octobre-novembre, puis en avril-mai. Elle offre ensuite une protection à vie. « Le Gardasil couvre la plupart des virus HPV les plus agressifs et les plus dangereux. C’est un produit optimal », insiste le médecin de la PMI.
La décision de se faire vacciner est laissée à la libre appréciation des familles. Il n’y a pas d’obligation. Il faut l’accord des deux parents. Ces derniers doivent remplir une autorisation, disponible sur Internet ou en version papier. L’inscription est possible jusqu’au 28 septembre.
Les familles ont été informées par e-mail au mois de juin. Une nouvelle communication a été réalisée à la rentrée de septembre. « Des actions de sensibilisation ont aussi été menées dans les établissements scolaires par les infirmiers et certains enseignants, pour que les élèves soient au courant », renseigne Dominique Terrien.
Les collégiens qui auraient besoin d’un délai supplémentaire pour se décider pourront se faire vacciner plus tard, à la PMI (20 boulevard Guillaumin à Guéret).
Objectif : vacciner 25 % des élèves de 5eL’ARS de la Creuse a pour objectif de vacciner 25 % des collégiens de 5e, soit 270 enfants. Le médecin-chef de la PMI est optimiste. « C’est un cancer pour lequel on a un vaccin qui marche. Je n’ai aucun refus des parents, affirme-t-il. Une campagne de vaccination en milieu scolaire a été mise en place depuis 2018 en Angleterre. C’est aussi le cas en Espagne. 600 millions de doses ont déjà été injectées dans le monde. »
Nous sommes les derniers en Europe à faire cette campagne.
Tous les ans en France, les HPV sont à l’origine de 6.300 cancers : 3.000 cancers du col de l’utérus, 1.500 cancers ORL, 1.500 cancers de l’anus, 200 cancers de la vulve et 100 cancers du pénis. « Un quart des cancers liés aux HPV concernent les hommes », précise Dominique Grand. C’est pourquoi la vaccination, qui était au départ proposée aux jeunes filles, a été étendue aux garçons.Si elle est réussie, cette campagne de vaccination au collège pourrait être pérennisée.
Catherine Perrot
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