Mais que faisait cette copiste du Louvre dans le patio du France à Aubusson ?
C’est une histoire de rencontres qui a donné formes et couleurs à la fresque qui ravive le patio du France à Aubusson. Une histoire de rencontres croisées entre des artistes – Delphine Ciavaldini et Audrey Cusey – et le propriétaire de cet hôtel-restaurant, Grégory Auvray. Avec en filigrane, Nadia Petkovic, teinturière à Aubusson, qui a fait le lien entre les trois. Avec aussi, Aubusson oblige, la tapisserie en toile de fond.« Un soir où je rentrais à Aubusson, Nadia discutait avec Grégory, raconte Delphine Ciavaldini. On a parlé et, quand il a su que j’avais beaucoup travaillé sur les arts tissés, il m’a demandé de lui proposer quelque chose pour le patio. C’est le seul lieu à Aubusson où il y a une terrasse intérieure, quelque chose d’intime. L’idée, c’était de recréer un petit cocon, de reverdir tout ça. »
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Et quand on dit verdure à Aubusson… « Il y a dans l’une des salles du restaurant une tapisserie dont j’ai hérité et à laquelle je suis très attaché… », poursuit Grégory Auvray. Ne restait plus qu’à… « On a décidé de s’inspirer de cette tapisserie en en reprenant une partie, explique Delphine Ciavaldini. La transposer avec l’idée de servir sans trahir en réinterprétant, d’en faire quelque chose de vivant et de contemporain. »
Et c’est là qu’est intervenue Audrey Cusey. Artiste peintre, elle est copiste au Louvre. Elle avait rencontré Nadia Petkovic, alors lissière, en 2016, lors d’une expo de Daniel Riberzani : « Et c’est Nadia qui a fait le lien avec Delphine quand elle lui a parlé de son projet de fresque ici ». « Audrey était vraiment la bonne personne, reprend Delphine. Elle a un savoir-faire pointu, de l’expérience dans le patrimoine et le carton. Tout a été rapide et fluide. »
Tellement que même le propriétaire du France a eu du mal à y croire au départ. Pourtant aujourd’hui, le terne coffrage de l’ascenseur dans le patio n’est plus qu’un lointain souvenir : les couleurs, créées par Audrey Cusey, y apportent cette touche végétale et moderne que voulait Grégory Auvray. Le travail commencé début août s’est achevé la semaine dernière.
« On est dans une région végétale mais dans une ville extrêmement minérale, souligne-t-il. Avec la fresque, on s’est dit qu’on allait amener de la végétalisation ici. »
Séverine PerrierPhotos : Bruno Barlier