Maladie d’Alzheimer : un défi pour les autorités sanitaires
En France, 1,2 million de personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. Elle apparaît le plus souvent après l’âge de 65 ans, et demeure la maladie neurodégénérative la plus fréquente chez la population âgée de plus de 80 ans. Avec 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année (soit 1 cas toutes les 3 minutes), le nombre de personnes malades devrait doubler d’ici 2050.
Bien qu’elle ait été décrite il y a 110 ans par le neurologue allemand Alois Alzheimer, ses causes sont encore débattues. Les principaux symptômes de cette maladie sont connus du grand public, avec notamment des épisodes de perte de mémoire et des troubles du langage. D’autres conséquences restent toutefois moins identifiées, comme des "changements d’humeurs, le retrait dans le travail ou les activités sociales, ou encore la perte de la faculté de jugement", explique sur son site Internet la Fondation Vaincre Alzheimer. La maladie touche inégalement les sexes : les femmes représentent les deux tiers des malades de plus de 65 ans. Un décalage qui s’explique notamment par la différence d’espérance de vie (en 2022, l’espérance de vie à la naissance est de 85,2 ans pour les femmes et de 79,3 ans pour les hommes, selon l’Insee). Cette maladie est par ailleurs la quatrième cause de mortalité en France.
Une lueur d’espoir outre-Atlantique
Certains progrès scientifiques récents sont venus redonner espoir aux dizaines de millions de personnes diagnostiquées à travers le monde. En janvier dernier, l’Agence américaine du médicament a autorisé un traitement, le lecanemab, dont les essais ont permis de réduire le déclin cognitif des personnes malades. Un autre traitement, le donanemab, pourrait également être autorisé outre-Atlantique d’ici peu.
Ces nouveaux traitements sont toutefois encore loin d’être la solution miracle. Déjà, ils sont encore loin d’être homologués en France, même si l’Agence européenne du médicament pourrait se prononcer sur le cas du lecanemab d’ici à la fin de l’année. Par ailleurs, ils permettraient de ralentir le développement de la maladie, mais pas de la guérir, ou de retrouver les capacités mentales perdues. D’importants effets secondaires ont également été relevés lors des différents tests, qui devraient restreindre assez largement le public pouvant y avoir accès.
Malgré tout, Julien Lagarde, neurologue à l’Hôpital Sainte-Anne à Paris, n’hésitait pas à qualifier ces progrès des "plus grandes avancées que la recherche clinique ait connu ces 20 dernières années" pour la maladie d’Alzheimer, dans un communiqué de la Fondation pour la Recherche Médicale publié en août dernier.