La météo peut-elle faire trembler la Foire du livre de Brive ?
En cet automne tempétueux, on s’est demandé comment l’organisation de la Foire du livre de Brive, en Corrèze, préparait le site, non seulement pour absorber les milliers de visiteurs mais aussi, potentiellement, pour faire face à de fortes pluies ou à des rafales de vent. Alors, la météo peut-elle faire trembler la Foire du livre de Brive ? Réponse (négative) en cinq points.
1. Non, parce que le site est prévu pour résister à des vents fortsIls n’ont peut-être l’air de rien, mais la dizaine de chapiteaux qui ont été montés autour de la halle Brassens sont faits pour résister à de gros coups de vent : "c’est garanti jusqu’à 100 ou 120 km/heure", explique Thierry Quelennec, chef de chantier de l’entreprise Semaf qui “habille” la halle Brassens pour la Foire du livre.
"Les structures sont autolestées par les planchers, on a des blocs béton de 750 kilos chacun", détaille David Machado. Technicien lumière à la direction de la culture, il est chargé de "tout ce qui est plan et aménagement du site". En réalité, il faudrait que le vent souffle en continu à 50 ou 60 km/h pour que la halle soit évacuée. Et ce n’est pas ce que Météo France prévoit pour ce week-end.
2. Non, parce que les fuites en toiture ont déjà été repéréesC’est l’heureuse conséquence de cette série de journées très pluvieuses en cité gaillarde : l’équipe de la Foire a eu tout loisir d’identifier les fuites, avant le jour J. « On a fait intervenir une entreprise qui a changé des ardoises sur le toit de la halle Brassens », explique David Machado. Tant mieux, parce que les prévisions annoncent un week-end un peu mouillé.
Il faut dire que, sur ce point, la Foire a fait des progrès : il y a longtemps, les structures étaient différentes et l’équipe de la foire avait passé une partie de la nuit à changer la moquette, qui s’était gorgée d’eau.
3. Non, parce que le chauffage est piloté en directD’imposants chauffages alimentés par du fioul assurent une bonne température à l’intérieur de la halle Brassens. "On règle le thermostat sur 15 ou 16 degrés, ensuite on peut mettre plus chaud s’il fait froid mais généralement, c’est le contraire, on éteint parce qu’il fait trop chaud", sourit Thierry Quelennec.Photo Stéphanie Para
4. Non, parce que la moquette ne craint pas grand-choseCe n’est pas parce qu’elle est recouverte de film plastique (il ne sera ôté que dans la nuit de jeudi à vendredi) que la moquette rouge de la Foire est un équipement très délicat. En réalité, la majorité de ces 8.000 mètres carrés (2.300 aux Trois Provinces, le reste sous la halle) sont à usage unique. Même si les visiteurs ont les pieds boueux, ce n’est pas la fin du monde.
Ceci dit, la vie de la moquette rouge ne s’arrête pas dimanche soir. Depuis des années, des personnes viennent en récupérer, jusqu’au lundi soir pour leur usage personnel : "certains en mettent dans leur garage ou s’en servent pour des marchés de Noël ou des cirques", explique David Machado. Et désormais, aux forums Alain-Gazeau et Claude-Duneton, la moquette ne vient pas en rouleaux mais en plaques. Après la Foire, elles sont récupérées, lavées et peuvent être réutilisées par Semaf dans d’autres événements.
5. Non, parce que la sécurité se prépare aussi à affronter ce genre d’imprévuDéjà occupées à veiller sur les palettes de livres qui attendent leurs lecteurs, les troupes de l’entreprise SPP, chargée de la sécurité de la Foire, ont l’habitude de prendre en compte le risque climatique dans leur prestation. "On en parlait justement ce matin", confiait hier le directeur, Charles Tudela, qui s’appuie sur la météo agricole pour des prévisions les plus fines possibles. "On est obligé de suivre, car cela concerne la sécurité des personnes."
Basée en Dordogne, SPP a une antenne à Brive et aura une centaine d’agents mobilisés en cité gaillarde ce week-end, car l’entreprise assure aussi la sécurité du CAB.
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Pomme Labrousse