Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme veut inciter les collectivités à se lancer dans de grands travaux sur l’eau
L’heure n’est plus aux demi-mesures, pour le Conseil départemental du Puy-de-Dôme. Pour éviter, à l’horizon 2040, des situations trop dégradées entre les besoins en eau et la ressource disponible dans le département, il faut investir. Massivement. Un milliard jusqu’en 2040. C’est ce qui est ressorti de la réflexion des services et des élus dans le cadre de l’élaboration du schéma départemental d’adduction d’eau potable. Ce texte a été adopté à l’unanimité par l’assemblée départementale en juin dernier. Et aujourd’hui, le Conseil départemental va au-devant des élus du territoire pour détailler les tenants et les aboutissant de ce document.
Un milliard« Un milliard, ça peut faire tousser », reconnaît Pierre Riol, vice-président du conseil départemental en charge de l’eau. Mais il se dit persuadé que l’effort nécessaire ne peut être moindre pour éviter, dans les quelques années à venir, que ne se crée un écart trop grand – et trop régulier – entre les besoins et les ressources. « C’est ce qu’il faut si l’on veut arriver à ce qu’un territoire comme le Puy-de-Dôme puisse s’autosubvenir en eau potable. »
Quels sont les travaux nécessaires ? L’effort principal devrait porter sur la sécurisation de la ressource, avec notamment sept projets d’interconnexion des réseaux. Mais de grosses interventions (29 à 45 millions d’euros par an) sont également préconisées pour améliorer leur rendement…
« Est-ce qu’on paie l’eau à son juste prix, actuellement ? »Naturellement, le Conseil départemental, s’il n’a pas la compétence eau, peut intervenir en tant que financeur. C’est la raison pour laquelle une enveloppe de 45 millions est avancée jusqu’à l’horizon 2030. « Ça représente 6,5 millions d’euros par an », insiste l’élu du département.
L’un des leviers qui permettra de trouver les fonds nécessaires, selon le conseil départemental, sera indiscutablement le prix de l’eau, qui devra être revu à la hausse. « Pour en avoir en quantité et en qualité, est-ce qu’on paie l’eau à son juste prix, actuellement ? », interroge le vice-président. Lui ne le pense pas. C’est la raison pour laquelle l’attribution des subventions départementales sera conditionnée notamment à un prix minimum de l’eau (1,20 €/m3). Les futurs bénéficiaires peuvent également espérer avoir un bonus de 5 % s’ils mettent en place sur leur territoire une tarification « progressive et incitative ».
Jean-Baptiste Ledys