Les élèves de Saint-Vaury ont participé à la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire
Le matin, c’était le collège. L’après-midi, le lycée. Beaucoup d’établissements se sont inscrits dans une volonté de sensibilisation pour la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire de ce jeudi 9 novembre.
S’investir pour protéger en milieu scolaireAu collège Louis-Durand, la référente du programme de lutte contre le harcèlement à l’École “pHARe” est la documentaliste, Myriam Lasnier. « On a déjà donné une heure de sensibilisation par classe, fait passer les questionnaires du ministère et choisi 14 élèves ambassadeurs », indique-t-elle. « Ils font office de liens entre les élèves et l’équipe. » Ce qui est parfois nécessaire. « Les élèves sont plus à même de savoir ce qui se passe dans la cour, à la cantine ou quand on a le dos tourné. »
Quant au jeudi 9 novembre, tous les élèves ont été partie prenante des actions : « Ils ont formé un logo humain dans la cour, sont venus vêtus de vert et ont accroché des messages à un arbre à mot dans le hall ». D’autres événements sont prévus avec la venue d’un gendarme dans l’établissement pour parler cyberharcèlement et un concours de vidéos pour sensibiliser.
Les collégiens ont formé un « NON » et le numéro d’appel 3018.Photo @Collège Louis-Durand
Au lycée Professionnel Louis-Gaston-Roussillat, l’action commençait à 14 heures. L’objectif : créer en groupe de deux ou trois élèves, une affiche sur le harcèlement scolaire. Après la confection d’une centaine de pancartes par les huit classes du lycée, un vote a eu lieu pour en choisir cinq à garder au sein de l’établissement toute l’année. La référente pour pHARe, cette fois, est la conseillère principale, Isabelle Maçon. Une des dix ambassadeurs du lycée est à ses côtés. Il s’agit de Doryan, élève de première dans les métiers de la sécurité.
« Les moqueries, la mise à l’écart… Je sais ce que c’est », assure l’adolescent. Au collège comme au lycée, ceux qui se saisissent du rôle d’ambassadeur sont souvent des personnes qui ont elle-même été harcelées par le passé. La documentaliste du collège, Myriam Lasnier, le confirme : « Certains disent clairement qu’ils ne veulent pas que cela arrive à quelqu’un d’autre ». Car pour devenir ambassadeur, chacun a évoqué ses intentions lors d’un entretien ou dans une lettre de motivation.
Au lycée professionnel, Isabelle Maçon a dû assurer la parité. « Plus de filles se sont portées volontaires que de garçons. » Elle a remarqué que dans certaines classes, quelques-uns se sentaient peu capables d’endosser un tel rôle. « C’est la même peur, celle de la responsabilité, que lors des élections de délégués ». Pourtant, elle le précise : « Il s’agit de recueillir la parole et de nous avertir. Nous nous occupons du protocole par la suite ».
Myriam Lasnier appuie aussi sur ce fait : « Bien sûr, ce ne sont pas des justiciers mais des relais, ils signalent les situations de harcèlement au personnel de l’équipe pHARe ». Ainsi, il faut commencer par discerner les victimes possibles. Pour Doryan, cela peut être compliqué : « On ne sait pas trop, la plupart n’en parlent pas ». Mais des indices subsistent : « Ils sont éloignés de la vie sociale du lycée, ils peuvent sembler froids et renfermés voire agressifs… »
Isabelle Maçon le voit à « un absentéisme car le harcèlement peut donner lieu à une phobie scolaire » mais souvent, ce sont les parents qui donnent l’alerte, sur un changement qu’ils ont remarqué dans le comportement de leur enfant.
Charlotte Mathiot