Converti à l'Islam en une journée, "pour ne plus boire", un habitant d'Eure-et-Loir est jugé pour apologie du terrorisme
Selon l’enquête des gendarmes, l'habitant de Senonches, âgé de 21 ans, a pu être facilement identifié grâce à l’adresse IP de son ordinateur, après la publication, sur les réseaux sociaux, de posts qualifiés par les autorités "d’apologie du terrorisme par le biais d’un moyen de communication électronique."
Des publications qui saluaient les actions du Hamas, accompagnées de commentaires haineux envers les Israéliens et le peuple juif. Présenté en comparution immédiate devant le tribunal de Chartres, il a demandé un délai pour préparer sa défense. Les juges se sont donc penchés uniquement sur son parcours et sa personnalité, pour décider s’il devait attendre son futur procès en détention, ou au contraire, être remis en liberté.
"Je me suis converti en une journée"Condamné par le passé pour vols, violences conjugales, rébellion et conduite en état d’alcoolémie, il reconnaît, devant les juges, "avoir eu de gros problèmes d’alcool." Ce sont ces problèmes qui, à en croire ses confidences auprès de l’enquêtrice de personnalité, l’auraient, entre autres, poussé à se convertir. En effet, la religion musulmane proscrit l’alcool.
C’est d’ailleurs le seul précepte qu’il admet connaître.
"Je me suis converti en une journée, après avoir acheté un pack de conversion sur internet pour 20 €".
Sa connaissance de la religion musulmane se limiterait aux deux pages tirées du Coran reçues avec son kit de conversion. Il avoue d’ailleurs ne connaître aucune sourate.
"Je regrette ce que j'ai fait"Ses connaissances en géopolitique, à en croire les gendarmes qui l’ont longuement interrogé sur ses motivations, semblent toutes aussi modestes. "Il ignorait que le Hamas était considéré comme une organisation terroriste" ont consigné les gendarmes dans leur rapport. "Il ne savait pas non plus, que le Hamas avait frappé Israël le 7 octobre 2023. C’est nous qui lui avons appris."
Devant les juges, malgré sa stature imposante et sa barbe fournie, le jeune homme se comporte presque comme un adolescent en perdition, ses yeux faisant des va-et-vient entre la salle d’audience et les juges. Marié, père d’un enfant, et sans emploi depuis 2019 à la suite d’un accident du travail, il s’excuse. "Je regrette ce que j’ai fait et ce que je suis."
Il sera jugé le 8 décembre 2023. En attendant son procès, il est placé sous contrôle judiciaire, avec l’obligation de suivre des soins psychologiques et contre sa dépendance à l’alcool.
Jacques Joannopoulos