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"On est passé de la science au cirque" : l’analyse choc de Vaclav Smil sur la transition énergétique

Qui est plein d’insouciance au sujet de la transition énergétique ne devrait pas lire Vaclav Smil. Au risque d’un violent retour sur terre. Le tchéco-canadien, spécialiste mondialement reconnu de l’énergie et des ressources, est un ultra-réaliste qui percute et démolit les fausses solutions et les discours faciles. Ces analyses précises, toujours étayées de données chiffrées dont l’ampleur peut donner le tournis, sont lues avec avidité par un spectre très large, allant du secrétaire américain à l’Energie, Chris Wright, climatosceptique notoire et pro fossiles, à Bill Gates, qui "attend ses ouvrages comme certaines personnes attendent le prochain épisode de Star Wars". A en croire David Keith, professeur à Harvard, Vaclav Smil serait même "le meilleur des antidotes contre les conneries."

Dans son dernier ouvrage, 2050. Pourquoi un monde sans carbone est presque impossible (éd. Arpa), récemment traduit en français, le professeur émérite à l’Université de Manitoba (Canada) se penche sur l’objectif de neutralité carbone que l’Union européenne, entre autres, s’est fixée pour la moitié du siècle. Hors cataclysme ou investissements absolument colossaux, il est, selon lui, tout bonnement illusoire. "Les transitions se font en rampant, non en courant", observe Vaclav Smil, qui démontre l’inertie des technologies existantes et la difficulté des nouvelles à prendre le pas sur les anciennes. Pourquoi, alors, persiste-t-on dans cette ambition intenable ? Parce que "la complexité se noie désormais dans les phrases chocs", déplore l'expert. Entretien.

L’Express : Pourquoi la neutralité carbone est-elle impossible d’ici 2050 ?

Vaclav Smil : Ce n’est pas impossible, c’est juste presque impossible. Aucune loi naturelle ne nous empêche de réaliser les énormes investissements nécessaires pour atteindre un tel objectif. Nous pourrions recourir à une mobilisation sans précédent, un effort étalé sur plusieurs décennies permettant de véritablement transformer nos sociétés. Ou, à l’inverse, nous pourrions délibérément réduire notre consommation d’énergie en abaissant durablement notre niveau de vie afin de faciliter le remplacement de tout le carbone fossile.

En l’absence de ces deux choix radicaux, nous ne devrions pas ignorer l’expérience de la grande transition énergétique passée - de la biomasse vers les combustibles fossiles - ni sous-estimer la juxtaposition des défis présentés par les exigences en matière d’ingénierie, de matériaux, d’organisation, de société, de politique et d’environnement de la transition en cours. Donc si nous évaluons ces défis de manière réaliste, nous devons conclure qu’un monde dépourvu de carbone fossile d’ici 2050 est hautement improbable.

À quelle échéance pouvons-nous raisonnablement l’espérer ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir répondre sérieusement à cette question. Les combustibles fossiles sont passés de 86 % à 82 % en plus de 25 ans. À ce rythme, le zéro est à des siècles de distance. Mais peut-être en 2100, si les réseaux tiennent et si les politiques ne s’effondrent pas.

Selon vous, à quoi ressemblera le bouquet énergétique mondial d’ici le milieu du siècle ?

La société norvégienne DNV, spécialisée dans la gestion des risques, a établi des prévisions réalistes, dont d’autres évaluations se sont récemment fait l’écho. Elle conclut que d’ici 2050, nous passerons de la répartition actuelle 80/20 (fossile/renouvelable) à une répartition 50/50. L’énergie primaire provenant des combustibles fossiles diminuerait de près de deux tiers mais resterait à peu près au même niveau qu’en 1995. Atteindre une répartition 40/60 nécessiterait des politiques judicieuses et une mise en œuvre musclée. Ce serait déjà un grand succès.

Vous dites que "la transition en cours repose sur des techniques qui ne sont pas (encore), de manière convaincante et générale, plus fiables et plus nombreuses que les méthodes qu’elles sont en train de remplacer". Pire : depuis le protocole de Kyoto en 1997, "le monde est devenu beaucoup plus dépendant des énergies fossiles". Nous faisons donc fausse route ?

Nous sommes en train de dévier de notre trajectoire, du moins en ce qui concerne les objectifs climatiques mondiaux. Comme je l’explique dans mon livre, l’utilisation des combustibles fossiles a augmenté de 55 % depuis le protocole de Kyoto, passant de 8,4 milliards de tonnes d’équivalent pétrole à 13,1 milliards en 2022. Les énergies renouvelables se sont développées : le solaire et l’éolien représentent aujourd’hui 12 % de l’électricité, mais les fossiles dominent toujours. Les nouveaux chouchous, comme l’hydrogène vert ou les batteries à l’échelle du réseau, n’ont pas encore fait leurs preuves à grande échelle. Ils sont coûteux et d’une efficacité inégale. Il est toujours nécessaire de regarder en arrière : les machines à vapeur ont mis un demi-siècle à s’imposer. Le solaire, qui existe depuis 40 ans, atteint à peine 3 % de l’énergie mondiale. Les transitions se font en rampant, et non en courant.

Quelles seraient les solutions réalistes pour entraîner nos sociétés sur le chemin d’une décarbonation efficace ?

Le "zéro émission de carbone" d’ici 2050 défie la réalité, et des décennies de données le montrent. Des solutions réalistes ? Imaginez un cataclysme qui ferait chuter la demande, ou des nations qui dépenseraient 20 % du PIB mondial chaque année, soit 20 000 milliards de dollars, pour la satisfaire. L’histoire, si elle le pouvait, se moquerait : le passage du charbon au pétrole ne s’est pas fait en un clin d’œil, mais a pris un siècle. De même, l’énergie nécessaire pour produire une unité de PIB a été divisée par deux aux États-Unis. Il a cependant fallu plus de 50 ans pour y parvenir.

Les énergies fossiles perdurent. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit 4 milliards de tonnes de pétrole et 4 000 milliards de mètres cubes de gaz en 2050. La capture du carbone permet d’absorber 45 millions de tonnes quand les émissions se montent à 39 milliards. Le nucléaire se traîne : même en Chine puisque le réacteur Hualong-1 a été peaufiné pendant dix ans. Les gains progressifs l’emportent sur les contes de fées.

Pour décarboner toute la production d’acier et d’ammoniac, il faudrait d’énormes capacités d’hydrogène vert. Donc, une quantité électricité (verte) phénoménale. Et pour produire ces énergies renouvelables, beaucoup de minéraux critiques ou rares, dont l’extraction pose un certain nombre de questions environnementales et géopolitiques. N’est-ce pas l’exemple parfait du mur auquel nous faisons face ?

C’est une falaise abrupte. Les 1,9 milliard de tonnes annuelles d’acier consomment 2,85 milliards de tonnes de coke - les hauts-fourneaux ne fonctionnent pas avec des souhaits. De l’acier vert grâce à l’hydrogène ? Le plan HyDeal pour produire 3,6 millions de tonnes d’hydrogène d’ici 2030 nécessite 180 térawattheures (TWh) d’électricité, soit 40 % du réseau national français. À l’échelle mondiale, c’est une chimère. Les 180 millions de tonnes d’ammoniac produites chaque année nécessitent 500 millions de tonnes d’hydrogène ; à 50 kWh par kilogramme, cela représente 25 000 TWh d’électricité verte, soit 86 % de la production mondiale actuelle ! Et que dire des minéraux ? Les éoliennes consomment 10 fois plus de cuivre par mégawatt que les centrales à gaz. La Chine détient 90 % des terres rares. Les limites techniques, les pénuries de matériaux et la géopolitique forment un triple mur que nous ne sommes pas près d’escalader.

Comment jugez-vous la relance du nucléaire à laquelle nous assistons au niveau mondial ?

Le nucléaire est en pleine effervescence, mais il ne faut pas s’emballer. Certes, il génère peu de carbone : le réseau français, composé à 70 % de centrales nucléaires, émet 60 g de CO₂/kWh. C’est presque sept fois moins qu’en Allemagne (400 g). Mais les nouveaux réacteurs sont des gouffres financiers. L’EPR de Flamanville a eu 12 ans de retard et 12,4 milliards d’euros de dépassement de budget. Les petits réacteurs modulaires ? L’un d’entre eux fonctionne en Chine, mais nulle part ailleurs. La force du nucléaire réside dans son volume d’énergie disponible en continu, mais pour augmenter, il faut faire face à des coûts et des délais très importants. Olkiluoto 3, en Finlande, a pris 18 ans. L’histoire montre que le nucléaire est un travail de longue haleine, pas un sauveur miracle.

Sommes-nous tous trop techno-optimistes, en sous-estimant l’inertie des technologies existantes ?

Nous sommes ivres de rêves technologiques. Il a fallu 40 ans pour que les turbines à gaz passent des avions à réaction aux réseaux électriques. Ou 30 ans aux batteries au lithium pour faire rouler certaines voitures. Nous fétichisons les grandes percées, mais les systèmes existants, soit 10 milliards de tonnes d’infrastructures fossiles, ne bougent pas rapidement. J’ai montré comment l’inertie domine, nous l’ignorons à nos risques et périls.

Pourquoi personne n’est capable d’estimer le coût de la transition énergétique mondiale pour 2050 ? Serait-il encore bien plus élevé que l’on ne l’imagine ?

Personne n’a de boule de cristal. Le système est trop vaste, trop désordonné. McKinsey l’évalue à 275 000 milliards de dollars d’ici 2050. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) parle de 2 200 milliards de dollars par an dès aujourd’hui, mais il faudrait plutôt 13 000 milliards de dollars annuels pour atteindre la neutralité carbone. Si vous ajoutez le stockage, les réseaux, l’hydrogène, la facture s’alourdit davantage. L’histoire est jalonnée de ratés : les coûts du nucléaire ont doublé, l’essor du gaz de schiste aux Etats-Unis a redonné du crédit aux énergies fossiles. Quel sera le prix des technologies en 2040 ? Y aura-t-il des pénuries de minerais ? Joker. Les coûts sont probablement plus élevés que nous le pensons. Les transitions dépassent toujours les prévisions.

Comment analysez-vous la communication autour du changement climatique, de vos premiers articles à nos jours ?

On est passé de la science au cirque. C’est devenu aujourd’hui une joute oratoire : les négationnistes contre les alarmistes, chacun se livrant à du cherry-picking – une présentation sélective des faits. Les médias colportent l’expression "net zéro" comme si c’était simple. Je m’en tiens aux données brutes : aujourd’hui la concentration de CO2 dans l’atmosphère atteint 420 parties par million (ppm). La rigueur de John Tyndall (NDLR : physicien irlandais ayant publié en 1861 un ouvrage qui fait date dans la théorie de l’effet de serre) s’est perdue dans le bruit d’aujourd’hui. La complexité se noie dans les phrases chocs.

Vous déplorez d’ailleurs l’omniprésence des "experts de salon"…

Ce sont des pontifes en fauteuil, des personnes qui émettent des opinions sans se salir les mains avec les détails. Ils s’appuient sur des rapports de seconde main aux titres accrocheurs, des résumés superficiels, et non sur des données primaires durement acquises. Dans mes écrits, je note que l’histoire est remplie de promesses exagérées - l’énergie de fusion nucléaire est toujours un mirage 70 ans après - faites par ceux qui n’ont jamais analysé les chiffres ou vu un réacteur de près. C’est en se confrontant aux faits que l’on comprend vraiment les choses.

Avez-vous déjà essayé d’apporter vos arguments chiffrés auprès de personnalités ou partis politiques ?

J’ai partagé mon travail avec les décideurs politiques par le biais de livres et d’entretiens. Je ne m’affiche sous la bannière d'aucun parti. Les politiciens veulent des victoires rapides, or je leur apporte des réalités lentes. Certains acquiescent, d’autres cherchent plutôt à obtenir des votes.

Vos prédictions se sont-elles déjà révélées fausses ?

Bien sûr. Le coût de l’énergie solaire photovoltaïque a été divisé par 100 entre 1975 et 2015, plus rapidement que je ne l’avais prévu. Le gaz de schiste américain a triplé en dix ans, une autre surprise. Mais j’ai bien mis le doigt sur les dépassements de coûts dans le domaine nucléaire. Je modifie mes points de vue en fonction de nouvelles données, et non de mon ego. Les prédictions ne sont pas une parole d’évangile, ce sont des paris sur un tableau désordonné.

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