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Nouvelle-Calédonie : pourquoi LFI ne jure plus que par la "Kanaky"

Sur la photo, deux députés de La France insoumise, Bastien Lachaud et Mathilde Panot, se recueillent à Canala, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie. Ils se tiennent devant les tombes d’Eloi Machoro et Marcel Nonnaro, militants indépendantistes tués par le GIGN en 1985, quand l’archipel était secoué par une quasi-guerre civile. "Figures de la lutte pour l’autodétermination, ils portaient la voix du peuple kanak. Leur mémoire reste vive dans chaque conscience engagée pour la liberté et la décolonisation, écrit Bastien Lachaud, alors en déplacement sur le territoire. Quarante ans après, leur combat continue." Ce cliché a été posté sur les réseaux sociaux le 13 mai, un an jour pour jour après les émeutes qui ont déchiré le Caillou.

Ces dernières semaines, les insoumis ont multiplié les conférences de presse, dénonçant la "répression" de ceux qu’ils estiment être des "prisonniers politiques". Parmi eux, on trouve par exemple la figure du mouvement indépendantiste Christian Tein, mis en examen pour "complicité de tentative de meurtre" et "vol en bande organisée avec arme". Il n’est désormais plus question de "Nouvelle-Calédonie", mais de "Kanaky-Nouvelle-Calédonie". Sur les réseaux sociaux, les publications des insoumis sont accompagnées de l’émoji du drapeau bleu-orange-vert des indépendantistes. "La France insoumise en a fait un sujet central, parce qu’il s’agit du respect du droit international et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes", affirme Bastien Lachaud à L’Express. Depuis un an, LFI est passée d’un intérêt relativement distant pour la Nouvelle-Calédonie à un soutien de plus en plus affirmé aux indépendantistes kanaks. Près de trente ans après les accords de Nouméa, l’archipel est redevenu pour une partie de la gauche un symbole de lutte anticolonialiste.

Dépolitisation

Pendant les "événements", terme pudique pour désigner une situation de quasi-guerre civile sur l’archipel, des années 1980, la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie était devenue un combat à gauche. "L’extrême gauche était en pointe dans le soutien des indépendantistes, note l’historien Jean-Numa Ducange, spécialiste de l’histoire des gauches françaises. Des liens forts avaient été établis avec FLNKS [le Front de libération kanak et socialiste], qui, comme son nom l’indique, partageait un certain nombre de combats avec elle." Fruit d’un consensus politique national, les accords de Matignon, en 1988, puis de Nouméa, dix ans plus tard, sont aussi un héritage historique de ces luttes. Avec un but : réussir une "décolonisation pacifique" du territoire, qui devait lui permettre de décider de son autodétermination au terme de trois référendums.

La question de savoir si, au bout de ce processus, le Caillou allait ou non demeurer français restait entière. Comme le notait l’ancien haut-commissaire Jean-Jacques Brot auprès du Figaro en octobre, "un accord de décolonisation, cela ne veut pas dire que l’on débouche nécessairement sur l’indépendance ; cela signifie que l’on change les rapports juridiques entre la métropole et un territoire". Avant la tenue de ces scrutins, la situation calédonienne a ainsi été mise "en pause" pendant trente ans. Un avantage pour une génération soucieuse de dépasser les traumatismes des conflits coloniaux. "A partir de 1998, les politiques hexagonaux ont décidé de ne plus politiser le dossier calédonien", observe Jean-Jacques Urvoas, ancien ministre de la Justice et rapporteur d’une mission sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Pas de mention dans le programme

Les hémicycles clairsemés à chaque débat sur la Nouvelle-Calédonie en témoignent. Autrefois compagnon de route de la cause, Jean-Luc Mélenchon avait aussi pris ses distances. Il confiait en 2021 à Libération avoir glissé de "pro-indépendantiste" à "ami des indépendantistes", avant de s’en éloigner, pensant que "la page allait se tourner, que les choses allaient se faire toutes seules". La question calédonienne est longtemps restée secondaire dans ses candidatures à la présidentielle. Non mentionnée dans son programme "L’humain d’abord" en 2012, la Nouvelle-Calédonie n’apparaît qu’une fois dans "L’avenir en commun", cinq ans plus tard, pour assurer de la tenue des référendums d’autodétermination prévus par les accords de Nouméa. En 2022, la nouvelle mouture promet de "construire l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dans le respect des référendums, en lien avec les territoires voisins".

Lors de sa publication, les trois scrutins ont eu lieu. Le non à l’indépendance a gagné, même si le troisième scrutin a été boycotté et est largement contesté par les indépendantistes. Dans une vidéo adressée aux Calédoniens, le 10 mars 2022, Jean-Luc Mélenchon adopte un ton beaucoup plus incisif que celui de son programme. Remerciant "la dizaine" d’élus de l’archipel ayant parrainé sa candidature à la présidentielle, il affirme ne pas accepter le résultat d’un référendum "qui n’a pas de valeur", la date n’ayant "pas été convenue par les deux parties". "Je n’accepte pas le résultat et je propose qu’il y ait un nouveau référendum si je suis élu", lance-t-il.

Changement de vocabulaire

Après cet épisode, l’orientation de La France insoumise va se durcir, alors que la Nouvelle-Calédonie revient dans l’actualité. En cause : le projet de loi de réforme constitutionnelle sur le dégel du corps électoral calédonien. Le texte, examiné en début d’année dernière par le Parlement, doit permettre de mettre fin à l’une des conséquences de l’accord de Nouméa : le gel d’une partie du corps électoral calédonien qui interdit le droit de vote aux provinciales à près de 1 électeur sur 5. Le 13 mai 2024, des émeutes éclatent à la suite de son adoption à l’Assemblée. Très vite, des voix s’élèvent pour replacer la Nouvelle-Calédonie dans un contexte historique très particulier. En voyage au Sénégal, Jean-Luc Mélenchon se saisit du sujet – non sans faire un détour historique et géographique. Dans une conférence de presse, il revient sur la "répression violente des Sénégalais qui avaient débarqué en Provence". "Si j’évoque en cet instant [le] néocolonialisme, c’est que la France, qui pensait s’en être d’abord tirée, y retourne à cet instant", poursuit-il.

Ces premiers jours d’émeutes sont l’occasion d’un changement de vocabulaire. La gauche de la gauche, pro-indépendantiste de longue date, qualifie la Nouvelle-Calédonie de "Kanaky". "Ce qui est en train de se passer en Kanaky – en Nouvelle-Calédonie – est de nouveau une échéance politique pour la gauche. Ce qui se passe en Kanaky est extrêmement grave", s’alarme par exemple Olivier Besancenot au micro de l’émission Backseat, sur Twitch, le 18 mai 2024. En meeting à Marseille le 23 mai 2024, Jean-Luc Mélenchon parle désormais de "Nouvelle-Calédonie-Kanaky". Quatre jours plus tard, à Besançon, le patron de LFI martèle : "Nous dénonçons le colonialisme qui frappe la Kanaky-Nouvelle-Calédonie". Le terme est fixé, et sera désormais adopté par ses lieutenants. Manon Aubry, tête de liste de l’Union populaire pour les élections européennes, parle par exemple elle aussi de "Kanaky" lors de ses interventions sur le sujet. La députée Danièle Obono également, assortissant souvent ses vidéos d’un drapeau kanak en prime. "Soyons clairs : la grande majorité des élus de La France insoumise ont découvert la Nouvelle-Calédonie en 2024", pointe Jean-Jacques Urvoas.

"Palestine-Kanaky, même combat"

L’actualité pousse la classe politique à refaire son éducation à vitesse grand V. De vieux clivages sont réactivés et remis au goût du jour. "La Nouvelle-Calédonie est une sorte de conflit chimiquement pur. Dans leur imaginaire, vous avez d’un côté les Blancs, et de l’autre les minorités opprimées. Ceux qui veulent l’autodétermination de leur nation, et de l’autre, les capitalistes qui veulent préserver l’ordre injuste", schématise un fin connaisseur de la Nouvelle-Calédonie, proche du ministre des Outre-Mer, Manuel Valls, qui enchaîne : "Beaucoup projettent sur la Nouvelle-Calédonie leurs propres fantasmes."

Dans une sorte de nouveau continuum des luttes anticoloniales, politiques et militants mêlent souvent lutte pour la "Kanaky" et… la Palestine. "Palestine, Kanaky, même combat contre le colonialisme", tweete le 18 juillet 2024 l’eurodéputée LFI Rima Hassan, posant derrière un drapeau kanak. Elle avait auparavant participé au côté de Manon Aubry à une mobilisation "Kanaky Palestine", le 8 juin, à Paris. Le 1ᵉʳ juin, le député insoumis Eric Coquerel participait à une manifestation mêlant trois luttes : "Clément Méric" – du nom du militant antifasciste assassiné par trois skinheads, en 2013, à Paris –, "Gaza" et "la Kanaky". Interrogé par le média indépendant Line Press sur la nécessité d’une indépendance, l’élu avait esquivé : "Il faut que le peuple puisse s’exprimer comme les accords de Nouméa le prévoyaient en reconnaissance du fait colonial. Ce qu’a décidé le gouvernement est injuste, stupide, et empreint de néocolonialisme."

Soutien aux "prisonniers politiques"

Mais c’est avant tout à propos du soutien "aux prisonniers politiques kanaks" que LFI reste le plus dur contre "l’Etat colonial". Ce 12 mai, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, la députée LFI de la Seine-Saint-Denis Nadège Abomangoli a fustigé le "préfet colonial" de Nouvelle-Calédonie et le "récit médiatique complice de cet ensauvagement des militants kanaks". "La manière dont on déshumanise les Kanaks rappelle la manière dont on déshumanise le peuple palestinien", s’est émue la députée, dénonçant un "continuum colonial" mêlant médias et politiques. L’expression est assumée à chaque étage de LFI.

En meeting ce 13 mai à Aubenas, dans l’Ardèche, Jean-Luc Mélenchon a à son tour évoqué une "situation coloniale" en Nouvelle-Calédonie et une "répression incroyable, inacceptable" de l’Etat. Pour sortir de l’impasse, il appelle désormais à "l’indépendance-association", soutenu selon lui par trois des quatre partis présents dans la négociation. Le projet donnerait la pleine souveraineté au territoire tout en conservant un lien prépondérant avec Paris. Il s’agit d’une variante de la formule proposée par le ministre des Outre-Mer, Manuel Valls, en négociation début mai à Nouméa. L’ancien Premier ministre avait lui préféré parler de "souveraineté partagée" entre Paris et le Caillou.

La formule a fait hurler le camp loyaliste, partisan du maintien de l’archipel dans la République et qui ne veut pas entendre parler d’indépendance. Un nouvel échec pour l’Etat, salué… par les insoumis, qui n’avaient jusqu’ici pas de mots assez durs pour fustiger l’action de l’exécutif. "Manuel Valls a eu le mérite d’essayer de reconstruire une confiance qui avait été brisée entre l’Etat et les indépendantistes, affirme Bastien Lachaud. Et c’est un insoumis qui vous dit ça !" Le député a beau jeu de souligner l’action du ministre des Outre-Mer, alors que celui-ci semble de plus en plus en désaccord avec l’Elysée sur le statut de la Nouvelle-Calédonie. En octobre 2017, Jean-Luc Mélenchon voulait s’investir dans une commission dédiée à l’archipel à l’Assemblée nationale. Il y avait finalement renoncé, car Manuel Valls devait en prendre la tête. "Corvée, avait tweeté le leader des insoumis. Siéger avec l’ignoble Valls à la commission Nouvelle-Calédonie." Vous avez dit revirement ?

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