Alors que la Class40 vient de publier son premier bilan carbone, nous avons échangé avec Vanessa Boulaire la directrice de la classe depuis 2014. Dans cette interview, elle détaille les pistes concrètes envisagées pour réduire encore l'impact environnemental de cette série en pleine expansion tout en préservant la compétitivité et l'accessibilité qui en font sa force…Voile Magazine : Pourquoi avoir lancé ce bilan carbone maintenant ? Est-ce que c'était vraiment une demande interne des skippers ou bien une nécessité environnementale ?Vanessa Boulaire :En fait, c'est un tout. On a eu plusieurs petits signes, c’est-à-dire que l'année dernière, on a été conviés par la Fédération Française de Voile à leur présentation de souhait de s'aligner sur les accords de Paris. Et on a eu plusieurs adhérents qui nous ont écrit sur différents sujets liés à l'environnement. De plus, lorsque nous rencontrons les partenaires, on se rend compte de plus en plus, lors de tables rondes, que les bilans RSE , donc écologiques mais aussi sociétaux, sont désormais des sujets importants au sein des entreprises.Enfin, la Class40 reste avant toute chose une association de navigateurs, donc des personnes forcément habitées par la mer, qui souvent, quand ils arrivent de course, notamment de transat, disent avoir croisé un frigo, des sacs poubelle, etc. Donc, c’est tous ces petits signaux qui ont fait qu’on a eu envie de savoir où on en était. Parce que c’est bien nous, qui depuis longtemps, disons qu’on est une classe plutôt vertueuse parce que les bateaux ne sont pas en carbone. Mais c’était un peu facile à dire, et on n’avait pas de chiffres, rien sur quoi s’appuyer.Voile Magazine : Les émissions totales de la Class40 en 2023 s'élèvent à 1899 tonnes de CO2. Qu’est-ce que ce chiffre révèle sur la place de la Class40 dans le paysage de la course au large, selon vous ?Vanessa Boulaire :Alors, en toute franchise, je ne sais pas très bien répondre parce que je n’ai pas les résultats des autres classes. Et puis, l’objectif n’est vraiment pas de dire qu’on est mieux que les autres, ou moins bien que d’autres. L’objectif, c’est plutôt de dire qu’aujourd’hui, il y a un petit peu de "greenwashing" sur la voile. Et nous, on pense que, malgré tout, ça reste un sport plutôt pas mal question respect de l'environnement, parce que ça reste un sport où on avance avec du vent.D’autres classes ont déjà pris des décisions qui vont dans le bon sens. Après ce n’est pas forcément celles vers lesquelles nous irons. Parce que la Classe Mini, qui demande à ne pas faire venir les familles aux arrivées, nous, on trouve ça quand même un peu tristoune. On est convaincus qu’il y a des choses à faire, mais peut-être pas tout à fait les mêmes que l’IMOCA par exemple. On veut mener nos propres réflexions pour, nous aussi, faire mieux que ce qu’on nous faisons aujourd’hui.Voile Magazine : Quelles actions concrètes vont être envisagées à court terme pour réduire cet impact-là ?Vanessa Boulaire :Alors, en réalité, on a eu le bilan très récemment, donc on n’a pas encore fait de vraies réunions pour prendre des décisions. Mais ce qui est certain, c’est qu’on n’a pas attendu ce bilan pour savoir que les retours par cargo, ce n’était pas l’idéal.En attendant, on ne souhaite pas l’interdire, parce qu’il y a plein de façons de calculer les choses, qui font que oui, ce n’est pas terrible de rentrer par cargo. Mais rentrer par la mer, si c’est pour démâter, abîmer des voiles ou avoir de la casse, ce n’est pas très bien non plus. On veut que chacun le fasse en toute responsabilité.Aujourd’hui, on demande aux organisateurs de réfléchir à des courses qui reviennent d’où elles sont parties, parce qu’on voit bien dans tous les bilans , que ce soit le nôtre, celui des événements, etc. , que le gros point noir, ça reste les déplacements. Et donc, essayer de limiter au maximum ces déplacements là, c’est faire un gros effort.Après, sur toute la partie technique, il y a une vraie réflexion à mener. Aujourd’hui, on a commencé à y réfléchir parce qu’on va faire voter à nos adhérents à la fin de l’été une règle sur la limitation du renouvellement des voiles. Ce qui est sûr, c'est que les Class40 ne font pas trois jeux de voiles par an car les budgets ne le permettent pas. Malgré tout, certains vont faire fabriquer deux ou trois spi dans l’année.Nous, on aimerait bien qu’il y en ait un petit peu moins. Donc, on leur fait voter un système pour limiter le renouvellement des voiles. C’est-à-dire qu’il vaut peut-être mieux des voiles un tout petit peu moins performantes, mais qui vont durer une ou deux saisons de plus. Et si tout le monde fait la même chose, de toute manière, d’un point de vue sportif, ce ne sera pas gênant. Donc, garder cette équité sportive, mais en essayant de faire mieux à court terme.Voile Magazine : Les bateaux neufs, avec leur empreinte carbone liée à la construction, vont-ils poser un défi particulier ? Comment allez-vous concilier innovation et durabilité environnementale ?Vanessa Boulaire : En fait, dans ce bilan carbone, on voit quand même qu'un Class40 à la construction, oui, c’est beaucoup parce que c’est l’équivalent de 85 tonnes de CO2. Maintenant, ça reste relativement raisonnable comparé à, une fois de plus, plein d’autres bateaux , et pas forcément que par rapport à d’autres classes de course au large.Si un Class40 sert juste une fois sur une transat, là, l’empreinte est énorme. En revanche, si les bateaux font 4 ans, 10 ans, 15 ans, ça devient plus acceptable. Donc, le but, c’est surtout que les bateaux qui sortent restent compétitifs le plus longtemps possible pour réduire leur empreinte carbone. Sur la Normandy Channel Race par exemple, on a le bateau numéro 4 qui court. Sur la dernière Transat Jacques Vabre, il y avait le numéro 1. Bien sûr, à la fin, ce sont les bateaux neufs qui vont gagner, mais les anciens numéros restent des bateaux qui peuvent continuer à jouer, et les gens peuvent se faire plaisir.Et l’objectif, c’est vraiment ça. Donc nous, dans notre bilan carbone, un bateau neuf, en fait, on a considéré une durée de vie de 10 ans. Et là-dessus, sur les 10 ans, on a considéré que l’impact, à hauteur de 75 %, se concentre sur les 4 premières années. Il ne faudrait pas qu’il y en ait des centaines tous les ans. Quelques unités par an, cela reste tout à fait acceptable, malgré tout.Voile Magazine : 23 certificats de jauge ont été délivrés en 2025 pour les bateaux plutôt anciens. Est-ce qu’on peut dire que la seconde vie des Class40, aujourd’hui, c’est une réalité structurante ?Vanessa Boulaire :C’est une vraie réalité au sein de la classe ! Moi, je vais encore éditer d’autres certificats de jauge au cours de l’année. Ça représente encore 30 à 40 % des bateaux anciens qui naviguent en course. Et au-delà de ça, nous faisons aussi le point régulièrement sur la seconde vie des bateaux, parce qu’on a des bateaux qui partent pour faire de la croisière, ou qui partent à l’étranger, pas forcément sur le circuit Class40.En outre, aujourd’hui, le marché de l’occasion des bateaux existe réellement. C’est plutôt sympa de voir ça. On a le n°19 qui navigue en Angleterre, il y en a un petit peu partout. Et oui, les Class40, peut-être qu’ils n’ont pas une durée de vie très longue en termes de potentiel victoire mais malgré tout, ce sont des bateaux qui peuvent naviguer longtemps, et sur lesquels on peut toujours se faire plaisir.Comme dirait mon président : « la compétition, c’est bien, mais le voyage et le plaisir, c’est quand même aussi pas mal ».Voile Magazine : La durabilité des anciens Class40, c’est une force que vous revendiquez. Comment la jauge et le championnat vont-ils s’adapter pour continuer à les valoriser ?Vanessa Boulaire :Alors aujourd’hui, on a beau avoir quelques discussions, on ne trouve pas de solution pour adapter la jauge. C’est important pour nous de garder une seule jauge Class40, et de ne pas différencier tous les bateaux.Ce qu’on essaye de faire en revanche, c’est, à notre championnat ou à notre trophée méditerranéen, de mettre en avant, d’un point de vue communication, les pointus. On met bien sûr en avant celui qui va gagner mais on demande aux organisateurs, quand il y a des "prize money", d’en remettre également aux étraves pointus.On sait que ce ne sont pas des bateaux qui vont gagner le classement général, mais ce sont des bateaux qui, malgré tout, entre eux, ont une vraie compétition. Et même si c’est un peu moins mis en avant médiatiquement - ce qu’on entend, parce que c’est logique, on ne peut pas parler tout le temps de tous les bateaux - entre eux, sur l’eau, ça reste une vraie course dans la course. Donc, c’est important de féliciter ceux qui remportent celle-là aussi.Voile Magazine : Est-ce que cette démarche environnementale va, selon vous, ouvrir de nouvelles opportunités en termes de sponsoring ?Vanessa Boulaire :A titre très personnel, je trouve que ça peut intéresser les sociétés, de se dire : sponsoriser un Class40, en fait, ça n’impacte pas beaucoup notre bilan RSE. Et pourquoi pas ? On aimerait bien travailler à la construction d’un bateau.De notre côté, on réfléchit sérieusement à obliger quelqu’un qui va acheter, qui va construire un nouveau bateau, à faire des actions pour compenser ces choses là. Ce n’est certes pas en plantant des arbres qu’on va compenser la construction d’un bateau, mais le cumul de plein de petites choses fait qu’à la fin, on peut arriver à mettre en place des actions positives pour l'environnement.Voile Magazine : Et à terme, est-ce que vous imaginez peut-être une épreuve labellisée “basse émission” ou une notation environnementale intégrée au championnat ?Vanessa Boulaire :Il y a des débuts de discussions là-dessus, mais il n’y a rien de fait aujourd’hui. Maintenant, mettre en avant les actions des uns et des autres, et peut-être bonifier certaines actions ? Oui, bien sûr. Après, ça reste compliqué à mettre en place, parce que le but reste la compétition sportive, et qu’il ne faut pas tout mélanger. Mais oui, on cherche des solutions comme ça. Ce n’est pas encore d’actualité, mais j’espère que l’année prochaine ou dans deux ans, ça le sera.
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