Hongrie : l’UE à l'offensive contre les lois ultraconservatrices de Viktor Orban
Encore lui. Quand il s’agit de restreindre les droits LGBT + ou museler l’opposition, Viktor Orban est aux avant-postes. Ce mardi 27 mai, 17 pays de l’Union européenne, dont la France, appellent à réviser une loi en Hongrie qui interdit la marche des fiertés.
"Nous sommes profondément préoccupés par les récentes lois et amendements portant atteinte aux droits fondamentaux des personnes LGBTQI + ", alertent ces Etats membres dans une lettre. Le respect et la protection des droits humains, y compris des personnes lesbiennes, gays, bi ou trans sont "inhérents à l’appartenance à la famille européenne", affirment-ils.
Sous l’impulsion du Premier ministre nationaliste, le Parlement hongrois a adopté au printemps une loi visant à interdire la pride. Le texte permet notamment aux autorités d’utiliser des logiciels de reconnaissance faciale pour identifier les personnes organisant ou assistant à l’événement.
18 milliards d’euros de fonds européens gelés
Les organisateurs de la marche des fiertés ont promis qu’ils défileront malgré tout dans les rues de Budapest le 28 juin, cortège auquel plusieurs députés européens ont prévu de se joindre. Le 12 avril dernier, des milliers de manifestants, habillés en gris et couleurs ternes, ont tourné en dérision Viktor Orban dans les rues de la capitale. Une "gray pride" pour dénoncer les mesures jugées homophobes du chef du gouvernement hongrois.
Le président du parti Fidesz multiplie les lois pour faire taire les voix critiques de sa politique ultraconservatrice. Ce vendredi 23 mai, la Commission européenne a réclamé à la Hongrie le retrait d’un projet de loi accusé de menacer des ONG et médias indépendants. Il consiste à placer sur une liste noire les organisations "violant ou critiquant" les valeurs inscrites dans la Constitution hongroise, comme "la primauté du mariage, de la famille et des sexes biologiques".
"Nous n’hésiterons pas à prendre les mesures nécessaires si ce projet est adopté", a affirmé un porte-parole de Bruxelles dans un communiqué. Une vingtaine de députés européens ont appelé la Commission à geler tous les fonds destinés à la Hongrie, accusant le gouvernement de Viktor Orban de "violations" répétées des lois européennes, dans une lettre rendue publique mercredi 21 mai.
L’opposition hongroise a dénoncé une "poutinisation" du pays d’Europe centrale. L’UE gèle déjà 18 milliards d’euros de fonds pour Budapest dans le cadre de différentes procédures liées à des inquiétudes à propos des droits des personnes LGBT +, des demandeurs d’asile, ainsi que les conditions de passation des marchés publics et les conflits d’intérêt.
Les prochaines élections législatives hongroises auront lieu au printemps 2026 et s’annoncent serrées. Viktor Orban, déjà Premier ministre de 1998 à 2002, est au pouvoir depuis 15 ans. Le nationaliste briguera un cinquième mandat consécutif.