Défense : face aux menaces, l’Elysée promet des "annonces majeures" d’Emmanuel Macron
Face à "l’aggravation des menaces" internationales, le président Emmanuel Macron va "tirer les conclusions en matière d’efforts de défense", dimanche lors d’un discours aux Armées, a annoncé jeudi 10 juillet l’Élysée, qui anticipe des "annonces majeures". Lors de sa traditionnelle allocution aux armées à la veille de la Fête nationale, Emmanuel Macron "prononcera un discours le 13 juillet qui sera très important et qui comportera des annonces majeures", a indiqué l’Élysée.
Alors que la Loi de programmation militaire (LPM) prévoit 413 milliards d’euros pour les armées entre 2024 et 2030, avec des augmentations budgétaires annuelles de 3 milliards, les menaces accrues pesant sur les intérêts de la France et de l’Europe ouvrent la porte à une possible hausse supplémentaire des ressources des armées. Et ce, dans un contexte de finances publiques mal en point et à quelques jours de l’annonce par François Bayrou de propositions pour réduire le déficit et la dette. Invité jeudi soir sur LCI, le Premier ministre a qualifié de "sacré" le budget de la défense. "L’état du risque en Europe et […] dans le monde est tel que nous n’avons pas le droit de baisser la garde, même pour des raisons budgétaires", a-t-il affirmé. D’après Les Echos, Emmanuel Macron pourrait donc annoncer des montants supplémentaires de deux ou trois milliards d’euros pour 2026.
Un moment de "bascules"
Sur la base des conclusions de la Revue nationale stratégique qu’il avait commandée en janvier, et qui doit être publiée sous peu, "le président estime et il dira qu’on est à un moment de bascules, parce que la liberté n’a sans doute jamais été aussi menacée aujourd’hui que depuis 1945", selon l’Elysée. Parmi ces "bascules", "l’accélération de la menace russe qui s’organise, se prépare et à laquelle il conviendra de pouvoir faire face", mais aussi la "désinhibition du recours à la force partout dans le monde", l’érosion de "partenariats anciens", la contestation de l’ordre international et les révolutions technologiques.
Le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, évoquera ces menaces lors d’une très rare conférence de presse ce vendredi, quelques jours après une autre intervention inédite du patron de la DGSE Nicolas Lerner à la télévision.
L’objet du discours du chef de l’État, "c’est bien de reparler des menaces et d’en tirer les conclusions en matière d’efforts de défense et de financement associés", a encore observé l’Élysée, pour qui ce sera un "discours structurant pour l’avenir de nos armées".
Un "changement de la nature du risque"
Interrogé lors d’une conférence de presse lors de son déplacement au Royaume-Uni, Emmanuel Macron a affirmé jeudi que "très clairement, nous devons aujourd’hui réviser notre programmation et notre stratégie, la réviser à la lumière de changement de la nature du risque".
Emmanuel Macron avait par ailleurs demandé au ministre des Armées Sébastien Lecornu et à Thierry Burkhard de lui faire des "propositions pour que la jeunesse ait l’occasion de servir, et notamment de servir la défense nationale". Dans son discours dimanche, le président "abordera" la question, selon l’Elysée. Lors de sa conférence de presse jeudi au Royaume-Uni, Emmanuel Macron a indiqué que ce travail "fera l’objet d’études complémentaires durant l’été". "A la fin de l’été-début de l’automne, je reviendrai vers vous pour pouvoir expliquer les décisions qui sont les nôtres et qui évidemment s’inscriront dans la programmation budgétaire", a-t-il ajouté.