Le Rafale cible d'une vaste campagne de désinformation de la Chine
La Chine était derrière une campagne de désinformation contre l’avion de combat Rafale, après les combats entre le Pakistan et l’Inde, quand cette dernière a perdu un de ces appareils de conception française, a accusé ce vendredi 11 juillet le chef d’état-major des armées français.
Lors d’une rare intervention devant la presse, le général Thierry Burkhard a dénoncé "la campagne que la Chine a habilement conduite visant à discréditer notre industrie d’armement et directement le Rafale à la suite de la perte d’un appareil dans le cadre des confrontations assez dures entre l’armée de l’air indienne et l’armée de l’air pakistanaise", en mai 2025.
Le plus haut-gradé français mentionne la perte d’un Rafale, l’avion de combat multirôles construit par Dassault Aviation, et non plusieurs comme l’ont affirmé de nombreuses publications sur les réseaux sociaux, dans le cadre de ce que les autorités françaises jugent être une campagne de désinformation, destinée notamment à dénigrer l’industrie française pour faire la promotion de l’industrie de défense chinoise, qui équipe le Pakistan.
Dénigrer l'image de l’avion français
La campagne chinoise s’est articulée sur plusieurs fronts, a expliqué à l’AFP une source sécuritaire. D’une part des comptes chinois ont généré un grand nombre de messages sur plusieurs plateformes affirmant par exemple que l’Inde avait perdu trois Rafale, ou publiant des images fabriquées pour dénigrer l’avion français, et faire la promotion des avions ou missiles chinois. D’autre part, les attachés de défense chinois, ces militaires en poste dans des ambassades à l’étranger, ont amplement relayé ces messages auprès de leurs différents interlocuteurs, particulièrement dans les pays clients ou potentiellement clients du Rafale, comme par exemple en Indonésie, a expliqué la source sécuritaire sous couvert d’anonymat.
Interrogé début juillet, le ministère chinois des Affaires étrangères a répondu ne pas avoir connaissance de ces informations, circulant dans certains médias.
Mercredi, le chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air et de l’Espace, Jérôme Bellanger, commentant cet affrontement et "la manœuvre bien sûr informationnelle orchestrée en soutien des intérêts de la BITD (base industrielle de défense, ndlr) chinoise", a déclaré devant les députés que "l’Inde a affiché son entière satisfaction quant aux performances du matériel français" et que dans un affrontement d’une telle intensité de plusieurs dizaines d’avions, "il est assez logique qu’il y ait un peu d’attrition au bout de ce combat". L’Inde est l’un des principaux clients du Rafale à l’export avec plus de 60 appareils, pour son armée de l’air et pour sa marine.
La Chine, "s’oppose évidemment principalement aux Etats-Unis", a déclaré vendredi le général Burkhard, mais "en fait, il n’y a pas de vraie distinction, on n’est pas épargné par les effets de la compétition dans le domaine économique, technologique en particulier", mentionnant l’espionnage au profit de Pékin.