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Rêveries, absences, pensées "étrangères" : plongée dans les mystères de la conscience

La crise est arrivée comme ça, sans prévenir. C’était en pleine nuit, il y a de cela quelques semaines. Je dormais, quand d’un coup, je me suis retrouvé assis, le buste droit, les pieds recroquevillés sur le matelas, incapable de bouger. Mes yeux étaient ouverts, je les sentais, mais je ne voyais rien. J’avais beau balayer ma chambre du regard, les fenêtres grandes ouvertes, les fauteuils, mes livres de chevet, tout avait disparu.

J’étais là, réveillé, mais je ne me sentais pas moi, pas totalement. Mon corps n’était plus vraiment le mien, comme si un autre le contrôlait à ma place de l’intérieur. J’avais l’impression que quelqu’un m’avait forcé à me redresser, avant de vite déguerpir, laissant mon esprit entre le rêve et la réalité. Pris d’une forte angoisse, je me suis même laissé aller à vérifier : si un voleur s’était introduit chez moi, il n’avait laissé aucune trace.

Après quelques recherches, j’ai appris que ce genre de frayeurs correspondait à un "réveil confusionnel", un trouble du sommeil passager la plupart du temps, dans lequel le corps se réveille et agit avant même que la conscience n’ait le temps d’émerger. L’épisode a été bénin mais marquant : jusqu’à cette nuit en particulier, je n’avais jamais envisagé que mon corps puisse décider tout seul de se mouvoir.

Des pantins, vidés de substance mentale

Ces cas de figure ne sont pas rares. Lors de formes graves de somnambulisme, par exemple, ou à la suite d’un traumatisme, des personnes se mettent à conduire, rédigent des e-mails ou entament des rapports sexuels sans s’en rendre compte. Atteintes de dépersonnalisation, certaines victimes se plaignent au contraire de ne plus rien ressentir, comme si elles n’étaient plus que des pantins, des corps vidés de toute substance mentale. A l'inverse, à cause de la schizophrénie ou de troubles psychiatriques rares, d'autres malades ont l'impression que leurs organes, leurs sensations ou leurs pensées ne sont plus les leurs, qu'elles leur sont devenues étrangères.

Bien que de nature différente, ces situations en disent long sur ce qu’est réellement la conscience. Stéphane Charpier, directeur de recherche à l’Institut du cerveau à Paris, fait partie des nombreux scientifiques pris de passion pour ces cas de figure perturbants, aux confins de la "vie intérieure". A force d’écluser la littérature, il s’est forgé une conclusion pour le moins déstabilisante, qu’il décline dans Le Cauchemar de Descartes, un essai paru en mai aux éditions Albin Michel.

Pour ce chercheur, cheveux hirsutes et lunettes rondes, tous ces exemples montrent que cette curieuse sensation d’exister qu’est la conscience, ne sert pas à grand-chose. A le lire, nous pourrions presque vivre sans. "C’est une évidence, non ?", s’amuse-t-il même à me narguer, l’œil rieur, en m’ouvrant les portes de son bureau à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, à Paris, où il dirige des recherches sur l’activité électrique des neurones dans différentes pathologies cérébrales.

La conscience, ce mystère

Son hypothèse peut sembler radicale, mais elle est loin d’être insensée. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le rôle exact de la conscience reste un mystère sur le plan scientifique. Les chercheurs ignorent les mécanismes cérébraux impliqués et ne savent pas plus pourquoi elle est apparue sous cette forme au cours de l’évolution. Une énigme tenace, malgré des techniques d’imagerie médicale toujours plus poussées.

Dans son livre, Stéphane Charpier s’arrête longuement sur une anecdote particulièrement parlante pour comprendre ces difficultés. Au XIXe siècle, un médecin britannique identifié sous le nom d’Arthur Thomas Myers fait une mystérieuse crise. En pleine consultation, le contenu de sa conscience s’évapore. Tout un pan de sa journée lui échappe. Pourtant, personne ne remarque qu’il n’est plus lui-même. Plus étrange encore : ces diagnostics, bien qu’inconscients, s’avèrent corrects.

La scène rappelle une forme rare d’épilepsie, dont les ressorts exacts n’ont été découverts que bien plus tard. Dans certains cas, cette maladie qui affecte le comportement électrique des neurones ne donne pas de spasmes mais empêche la connexion entre les différentes aires cérébrales. "Le cerveau continue à traiter les informations sensorielles mais il est incapable de les faire émerger en tant qu’expérience consciente", résume le spécialiste, auteur avec son équipe de découvertes importantes sur le sujet, dans les années 2010.

Des mécanismes en grande partie automatiques

Durant ce type de perte de connaissance, "d’absences", comme disent les scientifiques, seule la conscience de soi et du monde extérieur disparaît. Les capacités à ressentir, à se mouvoir, à agir, sont retenues en dehors de l’espace mental, mais elles ne sont pas affectées. Pour Stéphane Charpier pas de doute : c’est bien la preuve que l’un peut se faire sans l’autre, que les facultés intellectuelles, la cognition, la mise en mémoire, l’attention, sont des mécanismes en partie "automatiques", qui peuvent tout aussi bien être accomplis sans qu’on le sache.

Le spécialiste insiste, en voyant mes yeux s’écarquiller : "En réalité, c’est le cas pour la plupart, sinon tous nos comportements. Quand vous parlez, les mots que vous prononcez ne se matérialisent pas à vous, et pourtant, à la fin, ce puzzle éminemment complexe forme un tout cohérent. Pareil quand vous marchez, ou quand vous mangez… Certaines tâches s’accompagnent d’une expérience, d’autres non, mais on ne sait pas vraiment pourquoi, ni comment", résume Stéphane Charpier, ravi de son effet.

Tout est-il déjà joué ?

De telles aptitudes peuvent paraître surprenantes. Elles sont en réalité essentielles à notre fonctionnement. Grâce à ses capteurs - les yeux, les oreilles et les récepteurs situés sur la peau –, le cerveau reçoit en permanence des milliards de milliards d’informations. Sans capacité à diriger notre attention, il serait impossible de se concentrer sur un élément dans notre champ de vision, ou de courir, s’il fallait réfléchir à chaque muscle à contracter. Nous serions hagards, à la merci des prédateurs, et des éléments. Une partie du tri doit donc forcément se faire sans nous.

Une expérience illustre avec éloquence ce curieux décalage entre les processus mentaux et leur matérialisation. En 1983, un neurophysiologiste de l’université de Californie, Benjamin Libet, demande à des volontaires d’appuyer sur un buzzer et d’indiquer le moment exact où ils en ont pris la décision. En parallèle, le scientifique mesure l’activité cérébrale liée à l’intention du mouvement. Les conclusions sont vertigineuses : non seulement les deux processus ne se font pas au même moment mais, à chaque fois, le signal correspondant à l’amorce de l’action apparaît en amont, bien avant que la personne ne réfléchisse à sa décision.

Un tel résultat laisse entendre que même nos choix conscients se font dans leur coin, avant d’apparaître à l’esprit. "Tout se passe comme si la conscience était en retard sur notre corps. Le cerveau semble décider d’abord, et ne nous en informer qu’après coup. Comme c’est la seule information que l’on ressent, on a la sensation que c’est grâce à elle que nous agissons", traduit Stéphane Charpier. Pour le scientifique, comme pour de nombreux intellectuels, à l’instar de l’éminent neurobiologiste américain Robert Sapolsky, il y aurait là une des preuves que nous ne décidons de rien, que le libre arbitre n’est qu’une illusion.

Le baroud d’honneur du libre arbitre

La réalité est un peu plus nuancée : "Bien que fondatrice, et maintes fois répliquée, l’expérience de Benjamin Libet ne permet pas vraiment de telles interprétations et elle a beaucoup été critiquée ces dernières années", avertit Alexandre Billon, philosophe des sciences et auteur de Tout près des choses, aux éditions Eliott. De récentes études ont notamment montré que le fameux signal "précurseur" pourrait en réalité n’être qu’un bruit parasite. Une équipe américaine le soulignait pas plus tard qu’en février, dans la revue du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Imaging Neuroscience.

Plus ennuyeux encore : en 2019, des scientifiques ont refait des tests similaires, en demandant cette fois-ci aux participants de choisir à qui ils allaient léguer 1 000 euros, de manière à complexifier la prise de décision, pour rendre compte de situations plus proches de la réalité. Cette fois-ci, aucune activité préalable n’a pu être décelée. Ces résultats doivent être confirmés, mais ils pourraient indiquer que, dans le cas d’un choix difficile, les mécanismes précurseurs mis en évidence par Benjamin Libet n’interviennent pas, ou qu’ils sont compensés par d’autres leviers.

La science mettra peut-être des décennies avant d’établir si nos actions se décident vraiment sans nous. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se préoccuper dès maintenant de ces sujets : "Imaginez que l’on vous bouscule dans le métro. Vous finissez par faire tomber quelqu’un sur les rames. Qui est responsable ? Vous, ou les actions qui ont précédé ? Il en va de même avec le cerveau. Si nos actions résultent de processus neuronaux que l’on ne peut pas percevoir, est-ce vraiment répréhensible ? Les conséquences de ce genre d’expérience peuvent être importantes", insiste Stéphane Charpier.

Un match scientifique

Ces questionnements, à même de bousculer nos sociétés et notre manière de penser l’individu, devraient se faire plus prégnants à l’avenir : pour découvrir comment "l’expérience subjective" émerge à partir de l’activité électrochimique, et trancher parmi la trentaine de théories en vigueur, deux des équipes les plus influentes ont accepté d’en découdre sur terrain neutre, comme lors d’un match de boxe. Au lieu de définir de leur côté les hypothèses à tester, un arbitre s’en charge pour eux. De quoi les mettre sur un pied d’égalité, pour mieux les comparer.

L’organisateur, un consortium scientifique international appelé Cogitate, espère ainsi donner un coup de boost à la recherche et, à terme, de faire émerger des grandes lois générales autour de la conscience, comme il en existe déjà en physique quantique ou en mécanique des fluides depuis des dizaines d’années. Deux thèses sont mises en opposition. La première, appelée "espace de travail global" (GNWT pour Global Workspace Theory, en anglais), et soutenue par des pontes comme le scientifique français Stanislas Dehaene, recommande de se concentrer sur les zones cérébrales sollicitées. Selon ses prédictions, plus les groupes de neurones sont nombreux pour une même tâche, plus il y a de chance qu’une expérience consciente émerge.

La seconde thèse, défendue par le psychiatre italien Giulio Tononi et ses équipes, tente de réduire la conscience à un calcul mathématique, une opération qui permettrait d’obtenir la "quantité d’informations intégrée" (IIT) dans les neurones. La proposition a l’avantage de simplifier les réflexions en la matière - à condition d’être capable de trouver les bonnes valeurs à prendre en compte parmi les milliards de transformations électriques et chimiques du cerveau.

Qui est conscient, qui ne l’est pas ?

Depuis le lancement de cette "collaboration adversariale", en 2018, 256 volontaires ont été passés au crible, défilant un à un sous les IRM ultra-performants de Cogitate. De premiers résultats ont été publiés dans Nature en avril dernier, mais ils sont décevants : personne n’a pu être départagé. "Des hypothèses ont été invalidées dans les deux camps. Les deux équipes devront améliorer leurs théories avant de se retrouver pour un éventuel second round", résume Sylvain Baillet, professeur à l’Institut de neurologie de Montréal, et membre de Cogitate.

Réunir les deux équipes n’a pas été facile. La concurrence est rude, et les tensions sont nombreuses. A l’automne 2023, une polémique a éclaté. Une troisième équipe, qui n’a pas été retenue par Cogitate, a publié un article désignant la thèse de Giulio Tononi comme une pseudoscience. Une insulte, pour des travaux scientifiques. Le motif ? L’Italien ne propose aucun seuil plancher dans ses calculs. Si l’on applique à la règle sa théorie, un micro-ondes, une plante, ou un insecte pourraient alors présenter une forme de conscience.

Une assertion on ne peut plus surprenante, mais débattue sérieusement dans la communauté scientifique. En l’absence de grandes lois fiables, les chercheurs ne sont pas en mesure de dire avec certitude ce qui est, ou n’est pas, conscient. Un problème majeur, notamment pour la prise en charge de certaines pathologies. Si les psychiatres sont capables de dire si quelqu’un a perdu des aptitudes précises comme la mémoire ou la capacité à diriger son attention, ils ne peuvent pas déterminer si l’individu est toujours , dans le cas où il ne pourrait plus communiquer avec le monde extérieur.

Et déjà, des implications concrètes

Des personnes considérées hier comme "absentes" pourraient un jour être jugées conscientes. C’est ce qu’il s’est produit l’année dernière, concernant certains patients dits "végétatifs", touchés par des lésions cérébrales, et incapables de ne bouger ne serait-ce que les yeux. Des travaux, parus en 2024 dans le New England Journal of Medecine, tendent à remettre en question la proportion de malades ayant conservé une forme de conscience. Celle-ci pourrait ainsi être bien plus importante qu’on ne le pensait jusqu’ici. En parallèle, d’autres études ont montré que des fonctions propres à la conscience pouvaient revenir, même lorsque les atteintes sont très importantes.

De fait, la "collaboration adversariale" de Cogitate n’a pas (encore) abouti à l’effervescence souhaitée mais les travaux sur la conscience ont déjà des implications concrètes. Faute de saisir précisément ce qu’est la conscience, les scientifiques ignorent par exemple à quel stade de développement celle-ci apparaît chez l’enfant. Ainsi, et jusque dans les années 1980, les scientifiques pensaient que les bébés étaient totalement dépourvus de vie intérieure, au point de les opérer sans aucun anesthésiant.

Sur la base d’une série de travaux récents, dont l’un des derniers est paru en février dans Proceedings of the National Academy of Sciences Nexus (PNAS Nexus), les scientifiques s’accordent désormais à dire que des signes de conscience sont décelables dès la naissance. Et même avant. Un postulat explosif, sur le plan sociétal : aux Etats-Unis, les opposants à l’avortement utilisent déjà ces résultats, prétextant qu’à l’avenir il serait possible d’extrapoler aux premiers mois de la grossesse.

A la fin de notre entretien, Stéphane Charpier me fait une confidence. Se plonger dans les mystères de la conscience, pour son livre, l’a frustré autant que cela l’a passionné. "J’ai écrit les derniers mots avec la sensation de ne pas avoir avancé, de n’avoir encore rien dit de toutes ces étonnantes propriétés." Une étrange mise en abyme d’une particularité de la conscience : plus on tente de la maîtriser, plus elle nous échappe. Après avoir essayé de toutes mes forces de me lever de mon lit ce soir-là, j’ai décidé de me détendre. Ma conscience est revenue toute seule.

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