Multipropriété : L’OL en Europe, Palace puni, les supporters se révoltent
La colère gronde dans le sud de Londres. Ce mardi, des centaines de supporters de Crystal Palace ont marché sur leur propre stade, Selhurst Park, pour protester contre une décision qu’ils jugent profondément inique. Le motif ? Leur club, qualifié sur le terrain pour la prestigieuse Ligue Europa, vient d’être officiellement rétrogradé en Ligue Europa Conférence. Un déclassement vécu comme une trahison, un coup de poignard pour un club et des fans qui rêvaient d’un retour au premier plan européen.
Le sauvetage de l’OL, le cauchemar de Palace
La réponse à cette colère se trouve à des centaines de kilomètres de là, à Lyon. La survie de l’OL en Ligue 1 et sa qualification européenne sont en effet la cause directe du malheur de Crystal Palace. Le règlement de l’UEFA est implacable : deux clubs contrôlés majoritairement par le même propriétaire ne peuvent pas disputer la même compétition. Or, l’Olympique Lyonnais et Crystal Palace appartiennent tous deux à l’Américain John Textor. Le maintien de l’OL lui assurant son ticket pour la C3, c’est Palace qui paie les pots cassés.
« C’est une injustice », a déclaré un représentant des supporters lors de la manifestation. « Nous nous sommes qualifiés pour ça. Vous pénalisez tout un club et ses supporters pour des erreurs administratives. » Le sentiment est unanime : le club est sanctionné pour une situation qui le dépasse complètement. Pour couronner le tout, c’est un autre club anglais, Nottingham Forest, qui devrait récupérer la place de Palace en Ligue Europa.
La multipropriété, un système aux conséquences absurdes
Cette situation rocambolesque est la conséquence directe du modèle de la multipropriété qui se développe dans le football. Pour John Textor, c’est un casse-tête : le succès sportif de l’un de ses clubs nuit directement à l’autre. L’homme d’affaires a bien un accord pour vendre ses parts dans le club anglais, mais la transaction n’a pas encore été validée, et le timing est fatal.
Le soulagement des supporters lyonnais après une saison compliquée a donc un goût très amer du côté de Londres. L’affaire met en lumière les limites d’un système où les décisions prises dans des bureaux peuvent balayer d’un revers de main des résultats acquis sur le terrain. Les fans de Palace ne comptent pas en rester là, mais pour l’instant, c’est bien l’OL qui profitera des projecteurs de la Ligue Europa, laissant son « club frère » dans l’ombre.