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Vincent Beaufils : "Les grands patrons devraient être les héros des temps modernes, et pourtant…"

Est-il nécessaire de rappeler, au lendemain du 14 juillet, l’importance de l’héritage révolutionnaire dans l’imaginaire collectif français ? Dans le pays de Robespierre et de Jaurès, où l’on exècre les privilèges autant qu’on célèbre l’égalité, le pouvoir et la richesse des grands patrons passent mal. À l’inverse, les dirigeants de PME bénéficient d’un capital de sympathie nettement plus élevé, si l’on en croit les sondages.

Pourtant, le directeur de la publication de Challenges, Vincent Beaufils, l’affirme sans sourciller : les grands patrons "devraient être les héros des temps modernes". Dans Les patrons sont-ils des monstres ? (Éditions de l’Observatoire), le journaliste explore cet étrange paradoxe : malgré leur succès, les dirigeants français souffrent d’une très mauvaise réputation aux yeux de leurs concitoyens. Certes, l’obsession égalitaire et notre méfiance culturelle vis-à-vis de l’argent et de la réussite y contribuent. Mais pour Vincent Beaufils, ce désamour s’explique surtout par le "détachement" des patrons français vis-à-vis de leur pays, qui selon lui "oublient d’où ils viennent" et ne voient dans la France qu’un marché comme un autre. Entretien.

L’Express : Dans votre livre, vous soulignez le désamour des Français à l’égard de leurs grands patrons. Est-ce une spécificité française ?

Vincent Beaufils : Je ne sais pas si c’est une spécificité, mais ce désamour est particulièrement marqué en France : alors que 78 % des Français ont une bonne opinion des petits patrons, ce taux chute à 36 % pour les patrons de grandes entreprises. Pourtant, ces grandes entreprises, disons le CAC 40 pour simplifier, représentent d’immenses réussites françaises ! Pendant longtemps, la France a même été le pays européen le mieux représenté dans le classement Fortune 500 des plus grandes entreprises mondiales, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni, malgré un poids économique réel plus faible. C’est une performance remarquable, et le succès de ces dirigeants n’est pas suffisamment reconnu. Raison pour laquelle je commence mon livre en disant qu’ils devraient être les héros des temps modernes. Au lieu de cela, en France, les patrons sont constamment remis en cause. C’est un paradoxe qui me laisse perplexe.

Cette défiance ne tient-elle pas aussi aux rémunérations jugées exorbitantes par l’opinion ?

Certes, mais quand on regarde les faits, la rémunération des patrons français n’est pas hors norme… Le patron de BNP Paribas, par exemple, est payé deux fois moins que celui de la Deutsche Bank, et trois fois moins qu’Ana Botin, la patronne de Santander, en Espagne. Objectivement, on pourrait se dire qu’il n’y a pas de sujet. Mais comme vous le suggérez dans votre question, il y en a un !

D’abord, il y a une raison culturelle : les Français entretiennent une relation compliquée à l’argent, à la réussite, et aux inégalités. Qu’on le veuille ou non, nous restons les héritiers de 1789. Ensuite, la transparence imposée sur les rémunérations, censée moraliser le système, a en réalité produit l’effet inverse. Là où certains, comme l’entrepreneur et ex-ministre Francis Mer, espéraient que cette transparence calmerait les excès, elle a plutôt alimenté l’inflation des salaires.

Qu’on le veuille ou non, nous restons les héritiers de 1789.

Comment ça ?

Ceux qui ont voulu cette transparence n’avaient pas compris ni anticipé que pour les conseils d’administration, il y a un enjeu d’image : la rémunération d’un dirigeant est un marqueur de prestige. Pierre-André de Chalendar, ancien PDG de Saint-Gobain, me racontait qu’un jour, au conseil, un administrateur lui a lancé : "si tu es tout en bas de l’échelle du CAC 40, les salariés te prennent pour un naze".

Pour les Français, tout salaire doit être "justifié", non seulement auprès des salariés, mais de la société dans son ensemble, expliquez-vous.

Oui, car on pourrait invoquer les lois classiques du marché pour justifier de tels écarts de rémunération : un salaire se justifie par la seule idée qu’une personne est prête à en payer le prix. Mais en France, cette explication ne passe pas. Il subsiste une gêne profonde vis-à-vis de l’argent. Hubert Joly, ancien dirigeant de Best Buy, qui a passé la moitié de sa carrière aux États-Unis, insiste beaucoup sur la notion "d’acceptabilité sociale". Il raconte que lorsqu’il dirigeait une entreprise à Memphis, tout le monde se fichait éperdument de son salaire. Mais en France, dit-il, il aurait été beaucoup plus attentif à l’image que cela renvoyait.

Jean-Dominique Senard, patron de Michelin jusqu’en 2019 et actuel président de Renault, a toujours refusé une rémunération trop élevée, parce qu’il dit vouloir continuer à se promener dans les usines sans ressentir de malaise. Si, en matière de rémunérations de dirigeants, Michelin se situe dans le bas de la fourchette du CAC 40, c’est parce que Senard a instauré une forme de sobriété salariale.

Selon vous, ce désamour s’explique surtout par le détachement des patrons français du pays. Qu’entendez-vous par "détachement" ?

Oui. J’aurais d’ailleurs pu appeler ce livre "Le grand détachement", tant j’ai constaté le détachement progressif d’une grande partie d’entre eux vis-à-vis de la France. Si les Allemands apprécient davantage leurs grands patrons, c’est que ces derniers sont beaucoup plus enracinés dans leurs territoires que ne le sont les patrons français.

Si vous comparez les actifs détenus à l’étranger, les entreprises françaises en possèdent deux fois plus que les entreprises allemandes ou italiennes… Cela crée un vrai motif de désamour ! Prenez l’exemple de Merlin Gérin, dont le siège était à Grenoble. En 1992, le groupe est racheté par Schneider Electric, qui a longtemps été dirigé depuis Hongkong, et aujourd’hui depuis Dubaï. Lorsque se pose la question de savoir si l’on doit garder l’usine de Merlin Gerin à Grenoble, il est évident qu’on regarde les choses différemment quand le siège est à Dubaï ou à Hongkong plutôt qu’à Grenoble…

Pourquoi ce détachement est-il si problématique ?

En devenant les mercenaires des actionnaires, certains dirigeants se sont désintéressés de leur propre pays. Pour reprendre la formule de Nicolas Dufourcq, le directeur de BPI France : "à partir du moment où vous êtes arrimés aux actionnaires, vous êtes prêt à décoller idéologiquement, d’autant que la chaîne qui vous relie à votre pays devient de plus en plus longue, de plus en plus souple". C’est ça qui me révolte.

Ce qui m’inquiète, c’est ce que j’appelle le syndrome de la "french business unit" : des élites des grandes entreprises qui ne voient dans la France qu’un simple marché, de moins en moins décisif dans leur chiffre d’affaires et dans leur production, et qui, ce faisant, oublient d’où elles viennent. Historiquement, les élites françaises ont toujours été très attachées à leur pays, en partie parce qu’elles venaient majoritairement de l’administration. Aujourd’hui, elles sortent plus souvent de grandes écoles comme HEC – je le dis d’autant plus librement que c’est mon cas – et elles ont parfois perdu ce lien. Je n’ai aucun problème avec le capitalisme, ni avec le fait que certains patrons ont des salaires très élevés, ni même avec la décision de fermer certaines usines lorsque cela se justifie sur le plan économique. Mais il ne faut pas oublier ses racines.

Ce repli, les dirigeants français l’ont adopté au moment où les coûts de production ont commencé à grimper en France, tandis qu’ils baissaient en Allemagne, après les réformes de l’ère Schröder. Nicolas Dufourcq, à nouveau, le résume parfaitement. Il raconte que lorsqu’il demandait à certains de ses homologues patrons pourquoi ils délocalisaient, ceux-ci répondaient : "La France n’est pas défendable".

Ont-ils complètement tort ?

Ce qui est certain, c’est que les 35 heures ont eu un impact considérable. Et au-delà de la réforme, s’est installé un climat politique de défiance à l’égard des entreprises. Un exemple récent me semble révélateur : Michelin a annoncé l’année dernière la fermeture de deux usines. La première réaction de Michel Barnier, alors Premier ministre, a été de dire : "nous allons vérifier les aides qu’ils ont reçues…". Le fait que la première réaction d’un Premier ministre - de droite - soit la suspicion en dit long… Alors même qu’en 2014-2015, lors d’une précédente fermeture à La Roche-sur-Yon, Michelin avait remplacé tous les postes supprimés et œuvré à la reconversion industrielle du territoire.

Ce climat anti-entreprise ne se limite malheureusement pas au monde politique. J’ai souvenir de cette période où des inspecteurs du travail allaient jusque sur les parkings de Thales pour relever les plaques des cadres encore présents après 17 heures. Ces deux exemples témoignent de la persistance, en France, d’une idéologie anti-business profondément ancrée, qui explique certainement que beaucoup de dirigeants se soient tournés vers le modèle anglo-saxon, celui de Tony Blair. Lorsqu’on discute avec eux, on comprend qu’ils se sont sentis davantage écoutés et compris par les analystes financiers de New York ou de Londres que par l’opinion publique française. D’une certaine manière, ils ont entamé une forme de sécession. Celle-ci s’est manifestée au moment de certains arbitrages industriels : lorsqu’il fallait choisir entre construire une usine en République tchèque ou en France, ils choisissaient la République tchèque.

Ce climat de défiance n’est-il au fond assez logique, dans un pays où l’on considère que l’entreprise doit avoir un objet social ?

La France n’est pas le seul pays où l’on considère qu’il y a un lien entre entreprise et intérêt général. Mais il est vrai qu’aucun pays n’est allé aussi loin dans cette logique. Cela s’est traduit notamment par le rapport "l’entreprise, objet d’intérêt collectif", piloté par Jean-Dominique Senard et Nicole Notat, qui a conduit à une évolution législative majeure. Depuis 2019, le Code civil n’assigne plus à l’entreprise le seul objectif de générer des profits pour ses actionnaires. Il lui reconnaît aussi des finalités sociales et environnementales.

C’est en quelque sorte un héritage du capitalisme rhénan, auquel la France a longtemps adhéré, avant qu’il ne s’efface au tournant des années 2000, avec la montée des logiques de rentabilité et la hausse des coûts de production.

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